Loi Fillon : le Parlement adopte, les lycéens rejetent

le 24 mars 2005 à 12h25 , mis à jour le 25 mars 2005 à 22h32

Le projet de loi d'orientation pour l'avenir de  l'école a été définitivement adopté dans la nuit de jeudi à vendredi. Les lycéens ont marqué une nouvelle fois leur refus du texte vendredi par quelques manifestations et occupations de lycées.

fillon françois education assemblée socle commun © lci

Le projet de loi d'orientation pour l'avenir de  l'école a été définitivement adopté dans la nuit de jeudi à vendredi, après le vote au Sénat du texte élaboré par la commission mixte paritaire (CMP), composée de 14 députés et sénateurs. Rebaptisé "projet de loi d'orientation et de programme", le texte avait été adopté dans l'après-midi par les députés. Au Sénat, il a recueilli 200 voix contre 125. Outre l'UMP, l'UDF qui s'était abstenue à l'Assemblée, a voté pour. Le PS et le PCF ont voté contre dans les deux chambres.

Pas de recul devant la constestation

Jugeant que la loi "ne résoudra pas tous les problèmes mais qu'elle trace les grandes orientations pour les 15 ans à venir", le rapporteur Jean-Claude Carle (UMP, Haute-Savoie) a appelé enseignants et enseignés, qui se sont mobilisés contre elle, à l'étudier "avec objectivité et sans parti pris". Le ministre de l'Education nationale François Fillon s'est félicité de ne  pas avoir "reculé devant la contestation". Il a fait valoir que "la mobilisation n'était majoritaire ni dans les lycées ni dans le pays" parce qu'elle était  alimentée par un "mensonge". "Je n'attends qu'un seul jugement, c'est celui qui résultera de la baisse de  l'échec scolaire et de l'exclusion", a-t-il ajouté.

La mesure phare de son projet de loi est la définition d'un "socle commun de connaissances et de  compétences" que chaque élève devra avoir acquis au terme de la scolarité  obligatoire. Ce socle comprend la maîtrise de la langue française, des  principaux éléments de mathématiques, d'une culture humaniste et scientifique,  la pratique d'au moins une langue étrangère, ainsi que la maîtrise des  techniques de l'information et de la communication.

Le baroud d'honneur des lycéens

Le mouvement lycéen engagé il y a deux mois contre la loi Fillon sur l'Ecole a salué à sa manière son adoption définitive par le Parlement, en bloquant jeudi des dizaines de lycées et en organisant de petites manifestations un peu partout en France. Des actions ponctuelles, en nombre nettement décroissant, ont continué à être menées vendredi. Le fonctionnement d'une trentaine de lycées de la région parisienne a été perturbé. A Paris même, des élèves du lycée Jacques Decour (IXe) et de lycées avoisinants se sont rassemblés devant les portes de l'établissement, bloquant l'accès. Il en a été  de même au lycée Colbert (Xe) que les lycéens veulent occuper à partir de mardi. Enfin, des lycéens du XIIe, venus essentiellement de Rodin mais aussi de Claude Monet, Gabriel Fauré et Jean Lurçat, ont organisé un sit-in devant les locaux du journal Le Monde, boulevard Auguste Blanqui. Une délégation de quatre lycéens y a  été reçue, ont-ils dit, ajoutant qu'ils voulaient "écrire un article dans cet  important quotidien pour informer de la situation".

A Aulnay-sous-Bois, le lycée Jean-Zay a été fermé sur décision du chef d'établissement. Une centaine de lycéens de Paul-Langevin à Suresnes (Hauts-de-Seine) se sont également rassemblés devant leur établissement. Un rassemblement similaire a eu lieu devant René-Descartes à Antony. Par ailleurs, de petites manifestations ont réuni quelques dizaines de lycéens dans le quartier du Marais à Paris, entre 150 et 250 à Argenteuil (Val d'Oise), environ 400 lycéens à Meaux (Seine-et-Marne) et environ 300 à Bobigny.

A Besançon, également, entre 200 et 300 lycéens ont bloqué l'accès à un établissement du centre-ville. Deux cents autres élèves ont passé la nuit de jeudi à vendredi dans la cour du lycée Le Dantec à Lannion (Bretagne) et ont continué de bloquer l'établissement vendredi. Les deux syndicats lycéens Fidl et UNL, leaders du mouvement, n'avaient pas appelé formellement à la mobilisation et n'avaient pas donné de mot d'ordre national de manifestations.

 Photo d'ouverture : François Fillon à l'Assemblée- DR

le 24 mars 2005 à 12:25
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience