
Les casseurs vont-ils avoir pour la première fois raison d'un mouvement lycéen à Paris ? La question se pose tant les violences de la semaine dernière ont choqué les participants à la manifestation dans la capitale et pourraient dissuader certains de redescendre dans la rue mardi. L'appel à une nouvelle journée d'action avait été lancé par la FIDL et l'UNL au lendemain de la dernière journée de manifestations qui a vu 165.000 lycéens battre le pavé dans quelque 150 villes il y a une semaine. Face à l'amenuisement des chances d'obtenir un retrait du projet, les jeunes cadrent maintenant leurs revendications : rétablissement des travaux personnels encadrés (TPE) en terminale, maintien de toutes les options, embauche de personnels d'encadrement et engagement financier pour les lycées des quartiers difficiles.
Si la mobilisation peut perdurer mardi en province, les syndicats lycéens ont voulu depuis quelques jours rassurer sur la sécurité de la manif parisienne de peur qu'elle prenne en réalité l'allure d'un simple baroud d'honneur. "On nous a promis de façon ferme au moins 400 personnes pour assurer le service d'ordre et il y en aura probablement beaucoup plus encore. Ainsi tout le cortège pourra être protégé, de la République à la Nation, et pas seulement la tête du défilé", a affirmé la présidente de l'UNL.
La CGT a dégagé 100 militants pour ce service d'ordre, FO en a promis 90, la FSU 50, l'Unsa plusieurs dizaines, SOS-Racisme 130. "Tout est mis en oeuvre pour nous protéger. Toutefois, nous demandons aussi à la police de prendre ses responsabilités. Il ne faut pas que des casseurs puissent quitter impunément les lieux, il ne faut pas non plus que des lycéens qui, pris de peur, veulent quitter le cortège, y soient repoussés comme cela eut lieu mardi", a souligné Constance Blanchard.
"On a pris la responsabilité de laisser faire"
La préfecture a ainsi fait savoir lundi qu'elle avait appelé les policiers à "faire preuve de grande fermeté en cas de violences et de déprédations qui pourraient être commises par des éléments échappant au contrôle des organisateurs". Des enseignants, des manifestants et des parents avaient dénoncé la semaine dernière les violences qui avaient émaillé la manifestation parisienne et surtout la "passivité" de la police. Celle-ci s'était défendue en invoquant les risques de dérapage en cas d'intervention.
Mais cette explication n'a pas convaincu le PS qui a demandé la mise en place d'une "commission d'enquête". "La question que nous posons, c'est quel était le dispositif de sécurité, quelles étaient les consignes, pourquoi a-t-on laissé faire, qui a pris cette décision ?", a estimé Julien Dray. "Le ministère de l'Intérieur disposait d'informations sur la possibilité de présence de bandes", "il n'y a pas eu de surprise", a-t-il souligné. Mais selon lui, "on a pris la responsabilité de laisser faire".
(Photo : des casseurs au milieu de la manifestation des lycéens du 8 mars- LCI)
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