Image d'archives. © TF1Les médecins de la région parisienne ont exprimé leur inquiétude jeudi et réclamé la protection des autorités pour faire face à une mystérieuse affaire de chantage et de racket, après une tentative d'attaque à la grenade contre l'un d'entre eux mercredi à Paris, rue de Passy. La grenade avait été lancée en direction d'un cabinet de trois médecins généralistes qui n'avait pas été touché, par deux hommes circulant à moto. L'explosion avait provoqué de légers dégâts sur des véhicules et des vitrines de magasins. L'enquête de la brigade criminelle s'est orientée vers une affaire d'extorsion de fonds et de chantage dénoncée à la justice par des médecins qui, au cours des dernières semaines, ont fait état de menaces les visant de la part d'individus restant à identifier, selon une source policière.
Selon l'Union régionale des médecins libéraux (URML) d'Ile-de-France, "à ce jour cinq plaintes ont été déposées auprès de la Police Judiciaire et l'Union Régionale a lancé un appel à témoins à l'ensemble des médecins de la région Ile-de-France". De source policière, on a confirmé ces informations jeudi indiquant que six cas étaient actuellement examinés dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris en février. Pour l'URML, les faits sont suffisamment graves pour que "les pouvoirs publics concernés, ministères de la Santé et de l'Intérieur, se mobilisent sans délai, pour assurer la sécurité des médecins menacés, identifier les auteurs de ces menaces et rétablir un climat de sécurité nécessaire à l'exercice des médecins franciliens".
"Premier passage à l'acte"
Selon l'Union régionale, l'explosion de la rue de Passy, "pourrait bien être le premier passage à l'acte" des menaces exercées auprès des médecins libéraux franciliens "depuis quelques mois". Un autre médecin avait déjà trouvé une grenade, qui n'avait pas explosé, sur son balcon boulevard Saint-Germain, à Paris (VIe), selon la police.
L'URML a par ailleurs détaillé le mode opératoire de ce présumé racket. Il s'agit d'une "manière de procéder souvent semblable : le patient consulte à l'occasion de troubles somatiques divers et réussit parfois à obtenir un arrêt de travail de courte durée. Une fois obtenu, sous la menace d'une dénonciation du médecin à l'assurance maladie pour délivrance d'arrêt de travail de complaisance, le patient tente d'obtenir de l'argent. Devant le refus des médecins il passe en général à des menaces plus matérielles : envoi de balles de revolver, dépôt de grenade au domicile du praticien". Différents courriers ont été envoyés leur réclamant des dizaines de milliers d'euros, selon eux, menaçant de ternir leur réputation et de leur attirer des ennuis s'ils refusent de payer.
Photo d'ouverture : archives
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