© TF1D'un côté, le ministre de l'Education qui a réaffirmé haut et fort mardi à l'Assemblée nationale sa volonté de réformer l'école en France. De l'autre, des lycéens rodés par les manifestations. Et toujours déterminés à se battre contre le projet de loi du gouvernement. 50.000 lycéens, selon la police, ont manifesté mardi un peu partout en France pour protester contre la réforme Fillon sur l'Ecole et réclamer plus de moyens. La mobilisation a marqué le pas alors qu'elle n'avait cessé jusqu'ici de s'amplifier. Ils étaient trois fois plus nombreux la semaine dernière à battre le pavé.
96 interpellations à Paris
La manifestation la plus importante a eu lieu à Paris. Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), l'un des organisateurs de l'événement, avec l'UNL, ils étaient 20.000. Côté police, on évaluait leur nombre à 6.000. Un imposant service d'ordre et de nombreux policiers en civil ont permis d'éviter les violents incidents qui avaient marqué le rassemblement de la semaine précédente. Quatre-vingt trois personnes ont été interpellées pour "vérifications" et 13 en "flagrant délit" lors d'incidents mineurs. Onze d'entre elles ont été placées en garde à vue. Une vitrine a été brisée.
En province, ils étaient 4.500 à Toulouse, 3.000 à Lyon, 2.000 à Bordeaux, 1.500 à Grenoble, 1.000 à Toulon, 200 à Reims, 1.700 à Nantes, 1.500 à La Rochelle, 1.000 à Lille, 900 à Rennes, 800 à Marseille et à Cherbourg, 450 à Amiens, 400 à Draguignan, 350 à Pau, 250 à Agen, 220 à Bayonne, 150 à Alençon, 100 à Dax, Martigues ou Laon. Des chiffres partout revus à la baisse par rapport aux manifestations de mardi dernier.
"On ne lâchera pas l'affaire"
Malgré cette mobilisation moindre, les deux syndicats lycéens l'UNL et la Fidl ont soutenu que la revendication sur le projet de loi Fillon "tient toujours" mais, comme lors de la dernière manifestation, leur discours était de plus en plus concentré sur les problèmes de moyens et le rétablissement des TPE en terminale.
Partout les mêmes banderoles : "Lycées priorité à l'éducation", les jeunes ont scandé "Fillon démission", "Fillon t'as le filon pour tuer l'éducation", "Fillon nuit gravement à l'éducation" ou encore "Non à l'Educ' à Fillon" et "Ni mal informés, ni manipulés, juste écoeurés".
"On ne lâchera pas l'affaire", ont prévenu les organisateurs, promettant la poursuite de la mobilisation jusqu'au retrait du projet de loi Fillon sur l'Ecole. Les responsables lycéens devaient se réunir en fin de journée pour décider de la suite à donner au mouvement.
François Fillon : "Rien ne me fera renoncer" |
Le ministre de l'Education a réaffirmé mardi à l'Assemblée sa volonté de réformer l'école en France. "Rien ne me fera renoncer à définir des priorités éducatives. Rien ne me fera renoncer à engager l'Etat à transmettre à tous les enfants de la République ce socle de connaissances et de compétences communs qui est indispensable à leur réussite. Enfin, rien ne me fera renoncer à optimiser l'organisation de l'Education nationale", a déclaré François Fillon lors des questions d'actualités. Il a affirmé que le gouvernement n'était "pas sourd aux revendications". "Je vous rappelle qu'à leur demande, et devant l'inquiétude qu'ils manifestaient, j'ai retiré du projet de loi (...) la réforme du baccalauréat, même si je pense qu'il s'agit d'une réforme nécessaire, utile, sur laquelle il faudra à l'avenir que nous revenions", a-t-il dit. Il a donné rendez-vous aux députés le 24 mars pour voter la réforme.
(La manifestation lycéenne mardi à Paris/TF1)
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