Nicolas Sarkozy de retour dans l'hémicycle

Par AFP, le 13 mars 2005 à 18h24 , mis à jour le 14 mars 2005 à 07h28

Le président de l'UMP retrouve les bancs de l'Assemblée, trois mois après avoir quitté le gouvernement. Il a remporté dimanche la 6e circonscription des Hauts-de-Seine lors de législative partielle. Son retour dans l'hémicyle lui offre une tribune nationale pour faire avancer encore plus ses propositions.

Nicolas Sarkozy devant les parlementaires (2004)Nicolas Sarkozy devant les parlementaires (2004) © LCI

Sa victoire dimanche soir à l'élection législative partielle de la 6e circonscription des Hauts-de-Seine lui était acquise bien avant le scrutin. Depuis 1988, il en a été cinq fois le député et il préside le département. Le président de l'UMP a été élu au premier tour député avec 70,74% des voix. Nicolas Sarkozy revient au Palais Bourbon, trois mois après avoir quitté le gouvernement. Et cette arrivée apparaît comme une simple formalité.

Dans l'hémicyle, l'ambitieux président de l'UMP, qui a les yeux rivés sur l'élection présidentielle de 2007, retrouvera des collègues UMP qui ne lui sont pas tous favorables. Beaucoup sont restés chiraquiens, dont leur chef de file, Bernard Accoyer.

Resserrer les rangs

Mais au-delà de la méfiance éprouvée par certains et à l'heure où le gouvernement s'efforce de désamorcer la grogne sociale avant le référendum sur la constitution européenne, la volonté à droite est de resserrer les rangs. Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée affirme qu'il voit "sereinement" son retour au Palais Bourbon. Il y a quelques semaines, il accusait Nicolas Sarkozy de s'inscrire "dans une logique d'affrontement" avec l'exécutif, au risque de provoquer "une crise de régime". Même ton du côté de Matignon: "Je ne vois pas en quoi nous pourrions avoir avec le parti majoritaire des difficultés. S'il y avait des difficultés, cela voudrait dire qu'il y ait crise. Je ne crois pas à la crise, je ne crois donc pas aux difficultés", a affirmé dimanche sur Radio J le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin.

Parmi les députés, Nicolas Sarkozy peut compter sur d'indéfectibles soutiens même s'ils sont relativement peu nombreux: Thierry Mariani, Yves Jégo, Christian Estrosi, Nadine Morano, Eric Raoult. Il peut également compter sur la loyauté de l'ex-UDF Pierre Méhaignerie, le président de la commission des Finances dont il a fait son secrétaire général à l'UMP, ainsi que sur les libéraux comme Hervé Novelli qui renonça à réclamer son courant à l'UMP, à la demande de Nicolas Sarkozy, ou encore sur la douzaine de députés du groupe des Démocrates.

Profil d'homme d'Etat

Sachant que c'est lui qui distribuera les investitures pour les prochaines législatives, les autres députés devraient rester encore quelque temps dans une prudente expectative, avec une question dans la tête: Jacques Chirac sera-t-il ou non à nouveau candidat à sa propre succession ? Avec l'échéance de 2007 désormais dans tous les esprits, le député Sarkozy devra continuer à se peaufiner un profil d'homme d'Etat et une stature internationale, tout en étant un élu de base, confronté aux réalités quotidiennes du terrain. Mais l'ancien ministre de l'Economie, qui a quitté le gouvernement avec regret même s'il affirme aujourd'hui qu'il a eu "raison de partir" pour être "libre", pourrait peser davantage sur les choix gouvernementaux.

S'il n'a pu obtenir de Jean-Pierre Raffarin "la réforme profonde" des 35 heures qu'il réclamait avec force depuis plusieurs mois, il devrait continuer à mettre la pression pour obtenir une loi sur le service minimum dans les transports publics, alors que le Premier ministre privilégie les accords d'entreprises. Son retour dans l'hémicyle lui offre une tribune nationale pour faire avancer encore plus ses propositions.

(Nicolas Sarkozy/archives/DR)

Par AFP le 13 mars 2005 à 18:24
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