Image de la manifestation pour les 35 H, l'emploi et le pouvoir d'achat à Paris © DRFace à la démonstration de force des syndicats, jeudi, la réaction du gouvernement a été plutôt en demi-teinte. D'autant plus que la gauche ne s'est pas privée de souligner le caractère massif de la contestation : pour Jean-Marc Ayrault, "la puissance des mouvements sociaux" aura été "la plus cinglante des motions de censure". Quant à François Hollande, il s'est fait pressant en conviant le gouvernement à faire "des gestes extrêmement concrets très vite".
Si Jean-Pierre Raffarin s'est refusé à tout commentaire, son entourage a reconnu que "la mobilisation dans la rue est importante", même si elle l'est "plus dans le public que dans le privé". Matignon a indiqué que le Premier ministre avait "demandé à tous ses ministres de poursuivre rapidement le dialogue" et que chacun avait "un mandat permanent de dialogue". Un signal d'apaisement qui visait aussi à atténuer les déclarations du ministre de la Fonction publique Renaud Dutreil, qui avait affirmé mercredi qu'il n'avait "pas de nouveau mandat" pour des négociations salariales.
"Tenir compte des messages" de la rue
Plusieurs ministres se sont également voulus rassurants: Gilles de Robien (Transports) a admis qu'il y avait "des problèmes de pouvoir d'achat" et qu'il fallait "tenir compte des messages" de la rue. Conscient que le pouvoir d'achat est un slogan porteur dans la population - 66% des Français soutiennent le mouvement selon un sondage Ifop-Paris Match - Gérard Larcher (Travail) a concédé que "le gouvernement ne doit pas totalement se désintéresser" des négociations salariales dans le privé. Renaud Dutreil lui-même s'est dit pour sa part "à l'écoute des inquiétudes" des fonctionnaires et a convié les syndicats à une réunion "avant fin mars" pour "évoquer tous les sujets, sans tabou".
Plus ferme, et à rebours de ces déclarations conciliantes, le ministre du Budget, Jean-François Copé, a pourtant rejeté jeudi soir l'idée d'une conférence sur les salaires. Il a aussi écarté implicitement toute revalorisation du traitement des fonctionnaires, en mettant en avant "la situation des finances publiques (qui) exige la plus grande vigilance". Il a toutefois ensuite tempéré ses propos, précisant, à propos d'une éventuelle revalorisation du traitement des fonctionnaires, que les "marges de manoeuvres sont réduites".
Devant ces déclarations "contradictoires", Bernard Thibault a déclaré jeudi soir attendre "une réaction officielle" du Premier ministre et du "sonnant et trébuchant pour le public et le privé".
Photo d'ouverture : image de la manifestation pour les 35 H, l'emploi et le pouvoir d'achat à Paris - DR
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