Jean-Pierre Roux-Durraffourt, le responsable de la tuerie de Tours © DRJusqu'au bout; il sera resté imperturbable. Jean-Pierre Roux-Durraffourt a été condamné mardi soir à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sécurité de 22 ans par la cour d'assises d'Indre-et-Loire, pour avoir tué quatre personnes et en avoir blessé sept autres en octobre 2001 à Tours. Les jurés, après deux heures de délibération, ont suivi les réquisitions de l'avocat général Jean-Michel Cailliau qui avait requis la peine maximale.
Jean-Pierre Roux-Durraffourt, 47 ans, n'a pas réagi à l'énoncé du verdict. Il est également interdit de droits civiques pendant dix ans et a dix jours pour faire appel. Il était jugé depuis le 16 mars pour assassinats, tentatives d'assassinats, tentatives de meurtres sur un militaire de la gendarmerie et sur un fonctionnaire de la police nationale.
"Faire face à l'horreur de ses crimes"
"C'est une délivrance, une libération. Il a fait un acte odieux, il a pris la peine maximale. Nous sommes soulagés" a déclaré après le verdict Nicole Lambert dont le mari figure parmi les quatre tués. "Nous avons en face de nous celui qui a distribué la mort comme dans un jeu de foire et qui n'a pas le courage de se regarder, de faire face à l'horreur de ses crimes", avait asséné l'avocat général dans son réquisitoire. "Les faits sont incontestables. Toutes les balles qui ont touché les victimes provenaient de l'arme de l'accusé", avait souligné le magistrat avant d'insister sur le fait que "les experts ont été unanimes à relever l'état de dangerosité de l'accusé". "Roux-Durraffourt est un individu lâche, profondément menteur, manipulateur, affabulateur, cynique et égocentrique à toutes épreuves. Un ours social mais pas un malade", avait déclaré encore l'avocat général devant un accusé toujours imperturbable dans son box.
"Il n'était pas libre, pas conscient aux moments des faits, ne contrôlait pas ses actes, vous ne pouvez pas le condamner au maximum", a plaidé pour sa part l'un de ses avocats, Me Henri leclerc, ancien président de la Ligue des droits de l'homme. Un autre de ses défenseurs, Me Jean-Michel Sieklucki, a plaidé également la maladie: "L'accusé est du côté de la psychose, de l'autre côte de la ligne. Cela doit être pris en compte dans la peine". Son fils Jacques Sieklucki, également avocat de la défense, s'était attardé, lui, sur la préméditation "qui n'existe pas. Imaginer ce n'est pas préméditer". Avant que quitter son box pour le délibéré, l'accusé, invité par le président à s'exprimer, avait une nouvelle fois répété d'une voix neutre: "Je regrette ce qui s'est passé ce matin-là".
Le 29 octobre 2001 au matin, Roux-Durraffourt, père de trois enfants, divorcé, cheminot et conducteur d'engins, avait semé la terreur à Tours pendant près d'une heure. Armé d'une carabine 22 long rifle, portant une cagoule, il avait sillonné les rues, tuant quatre passant au hasard, en blessant sept autres, dont trois policiers et un gendarme. Il avait finalement été blessé au thorax par un policier avant d'être arrêté.
(Image Jean-Pierre Roux-Durraffourt pendant son procès/DR)
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