© DREn 1996, elle avait dénoncé haut et fort des malversations dans les passations de marchés publics en Ile-de-France. Mardi, entendue au tribunal correctionnel de Paris comme témoin de l'accusation Claude-Annick Tissot, élue RPR, a fortement tempéré ses accusations lors du procès des 47 personnes poursuivies dans ce dossier de corruption.
Présidente de la commission d'appels d'offres du Conseil régional d'Ile-de-France de décembre 1994 à mai 1996, date de sa démission, elle a maintenu avoir constaté à l'époque de nombreuses "irrégularités". "La commission d'appels d'offres semblait appelée à entériner des choix faits à l'avance", a-t-elle dit. "Je ne voyais pas une anomalie, j'en voyais 150", a-t-elle expliqué, précisant qu'on refusait même de lui fournir les dossiers d'offres des entreprises. Quant aux affrontements avec Michel Giraud : "C'était un différend technique (...) Je dirais que c'était un débat mais pas un combat, ça n'a pas été tel", a-t-elle dit.
Des allégations confirmées
La "madame propre du RPR" a affirmé qu'elle n'avait jamais informé le maire de Paris, à l'époque Jacques Chirac, des anomalies constatées. "Je n'ai pas eu à traiter dans une réunion (politique, ndlr) du financement des partis, au RPR ou ailleurs", a assuré à la barre cette femme brune de 55 ans. Au moment des faits, la presse avait rapporté qu'elle avait été sermonnée par l'Elysée après ses déclarations et que c'est Jacques Chirac lui-même qui l'avait poussée à démissionner. Les propos de Claude-Annick Tissot sont très en retrait par rapport à ses déclarations à la presse et durant l'instruction, ainsi que par rapport au livre qu'elle a écrit sur cette affaire, "L'insupportable vérité".
L'enquête pénale sur les conditions d'attribution des marchés publics des lycées entre 1989 et 1995 a confirmé entre-temps ses allégations. Elle a mis au jour une vaste "fraude concertée" avec l'aval de l'exécutif du Conseil. Les entrepreneurs s'entendaient à l'avance pour se répartir les marchés et ce trucage avait pour corollaire le versement aux partis politiques, de droite comme de gauche, d'une "prime" de 2% du montant des commandes. Des versements illégaux de plusieurs dizaines de millions d'euros.
(Image TF1 : Claude-Annick Tissot mardi au tribunal)
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