Quand Sarkozy défend Leclerc

le 24 mars 2005 à 15h54 , mis à jour le 24 mars 2005 à 22h22

Au Congrès de la FNSEA, Nicolas Sarkozy a ironisé jeudi sur les hommes politiques qui, pour s'offrir "un petit succès d'estime", s'en prennent à Michel-Edouard Leclerc. En février, Jean-Pierre Raffarin avait critiqué la campagne de publicité sur les prix du distributeur.

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"J'entends souvent dire que l'agriculture ne pèse rien face à la distribution. Honnêtement, quand on veut se faire un petit succès d'estime, on parle de la distribution et on la fait siffler, et si cela ne suffit pas, on prononce le mot de Leclerc". La déclaration de Nicolas Sarkozy jeudi devant le congrès de la FNSEA, a dû faire grincer des dents au gouvernement alors que nombre de ses membres, à commencer par Jean-Pierre Raffarin, étaient aussi invités à s'y exprimer.

"Si cela suffisait de protester et de désigner un bouc émissaire pour résoudre les problèmes des agriculteurs, cela se saurait", a-t-il ajouté. En février, Jean-Pierre Raffarin avait critiqué la campagne de publicité sur les prix du distributeur Michel-Edouard Leclerc en affirmant que "ce n'est pas l'Etat qui empêche M. Leclerc de baisser ses prix". "Je vois quelques distributeurs amateurs de matraques. Cette conception ne me paraît pas saine", avait dit le Premier ministre. Nicolas Sarkozy, évoquant l'investissement de l'agriculture dans la qualité, a aussi ironisé : "Nous aussi, on essaie de le faire. Je peux vous dire que cela ne marche pas à tous les coups!" Auparavant, le président de l'UMP avait déjà déclenché les rires de l'assemblée en déclarant qu'il n'avait "jamais rêvé de devenir président de la FNSEA" et que son titulaire, Jean-Michel Lemétayer, pouvait "garder le siège tranquille".

Intervenant après le leader de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin a tenté, dans un autre registre, de séduire les agriculteurs en annonçant des mesures pour faciliter la transmission de leurs exploitations et leur vie quotidienne. Il a notamment promis la création d'un "fonds agricole" sur le modèle du fonds de commerce, et une aide financière pour les éleveurs qui se font remplacer lorsqu'ils partent en congé. Le "fonds agricole" dotera l'exploitation, comme un commerçant dispose de son fonds de commerce, d'un patrimoine professionnel représentant son portefeuille d'activités, distinct du patrimoine privé de l'agriculteur. Cette réforme avait été demandée par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles dans son rapport d'orientation adopté mercredi.

le 24 mars 2005 à 15:54
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