Raffarin en "chef de campagne" pour le oui

le 24 mars 2005 à 20h35 , mis à jour le 25 mars 2005 à 10h07

Invité jeudi soir du 20 heures de TF1, Jean-Pierre Raffarin a lancé un vibrant plaidoyer pour le "oui" au prochain référendum européen. Il a annoncé que le gouvernement allait bientôt mener une "campagne d'explication" et qu'il serait, en tant que "chef de gouvernement", "chef de cette campagne".

raffarin_20hJean-Pierre Raffarin montrant un dépliant de la "campagne d'explication" que va lancer le gouvernement avant le référendum européen © DR

Jean-Pierre Raffarin a choisi le plateau du 20 heures de TF1, jeudi soir, pour s'impliquer plus avant dans la campagne référendaire. En reconnaissant, tout d'abord, que l'évolution des sondages d'opinion montre toujours la vigueur du non au projet de Traité constitutionnel européen : "le résultat de ce référendum est incertain, et le sera sans doute durablement". Ce qui, selon lui, n'incite pas au pessimisme, mais plutôt à la responsabilité. Et c'est à l'esprit de responsabilité de chacun des votants que le Premier ministre a voulu faire appel. "Chaque Français est devant sa responsabilité, chaque vote va compter", a-t-il martelé.

Quand les partisans du non s'efforcent d'entretenir la confusion entre référendum européen, vote sur une hypothétique entrée de la Turquie dans l'UE, voire vote-sanction contre le gouvernement, Jean-Pierre Raffarin a exclu toute politisation du scrutin. "Voter oui, ce n'est pas voter Raffarin, Hollande, c'est voter pour la France", a-t-il lancé. "Si la France dit oui, elle sera forte dans l'Europe. Si elle dit non, elle sera faible dans l'Europe".

Chirac "devra expliquer l'enjeu"

Affichant une volonté de pédagogie, le Premier ministre a assuré que le gouvernement allait bientôt mener une campagne d'explication pour le oui à la constitution européenne. A l'appui de cette offensive de communication : un dépliant, que le Premier ministre a présenté à l'écran, et un site internetRaffarin lui-même sera, en tant que "chef de gouvernement", "chef de cette campagne d'explication".  Et de détailler : "500 réunions sont prévues. Je vais moi-même faire plus de 20 réunions pour expliquer et l'enjeu, et ce qu'est la Constitution européenne, et pourquoi c'est un choix historique". Selon lui, "le gouvernement doit s'engager" mais "pas pour faire la campagne des partis (...) Il y a au sommet le président de la République qui pose une question aux Français. C'est ça un référendum". Et quant au chef de l'Etat, il "devra expliquer l'enjeu. Je pense qu'il le fera. C'est son intention, c'est une responsabilité tellement importante pour notre pays. On a besoin d'entendre son message".

Interrogé par ailleurs sur la situation économique, alors que les prévisions de l'Insee ne sont guère optimistes, Jean-Pierre Raffarin a estimé que la France connaîtra une croissance "entre 2 et 2,5%" en 2005 ; il a réaffirmé, malgré les mauvais chiffres de l'emploi au cours des derniers mois, que "le chômage baissera de manière significative dans l'année 2005". Concernant enfin son avenir à la tête du gouvernement, il a ironisé sur "les gens qui voudraient (sa) place", déclarant qu'il "y a de la malice partout". Il a mis en garde ceux qui à droite comme au gouvernement font des "jeux perso", car ils "ne conduisent pas leur propre parcours vers un avenir prometteur".

Jean-Pierre Raffarin montrant un dépliant de la "campagne d'explication" que va lancer le gouvernement avant le référendum européen - DR

le 24 mars 2005 à 20:35
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