Référendum : "non" à 52% selon un sondage

le 20 mars 2005 à 19h34 , mis à jour le 28 mars 2005 à 21h21

La majorité des Français voterait "non" au référendum sur la constitution européenne si l'on en croit une étude réalisée par Ipsos pour Le Figaro et Europe 1. C'est la deuxième fois qu'une telle tendance se dessine. La semaine dernière, selon un sondage réalisé pour Le Parisien, le "non" l'emportait à 51%.

livre constitution ue

Un deuxième sondage (1) place le "non" en tête des intentions de vote des Français pour le référendum sur la Constitution européenne du 29 mai. Selon cette enquête réalisée les 18 et 19 mars par Ipsos pour Le Figaro et Europe 1, 52% des sondés ayant exprimé une intention de vote se disent disposés à voter "non" au nouveau traité européen. Ils étaient 40% dans la précédente enquête des 4 et 5 mars. Les sondés sont 48% à vouloir voter "oui". Ils étaient 60% lors de l'enquête réalisée début mars.

Un sondage CSA, paru vendredi dans Le Parisien, donnait déjà 51% des voix au non, après une série d'autres sondages marquant une érosion du oui, qui restait cependant jusque là nettement majoritaire.

Quand les électeurs de gauche basculent

Cette chute des intentions de vote en faveur de la Constitution européenne s'explique par une érosion des sympathisants de la gauche parlementaire, qui rejoignent les bataillons des opposants au traité. Parmi les sympathisants de la gauche parlementaire, 45% sont désormais favorables au traité, contre 54% début mars. Ils sont 55% à y être opposés, contre 46% début mars. Parmi les sympathisants PS, 55% sont favorables à la Constitution européenne, contre 62% au début du mois. Ils sont 45% à y être opposés, contre 38% les 4 et 5 mars.

Les sympathisants de la droite parlementaire sont désormais 67%, contre 72% au début du mois, à être favorables au nouveau traité et 33%, contre 28%, à se dire opposés au texte.

Les politiques réagissent à cette avance du non

Jean-Luc Mélenchon (PS), sur LCI : "ça me fait plaisir, cela montre que commence à payer un travail de terrain immense (...). C'est à gauche que la banquise est en train de se dégeler. Les gens entrent dans la conviction que c'est le non qui est bon pour la France, et ils commencent à essayer de le faire partager autour d'eux. Mais un sondage n'est pas une élection. Il faut pour arriver à 56 ou 57%, ce qui serait très bien, que l'on mouille la chemise".

Philippe de Villiers (MPF) : "Ce résultat confirme que le non monte des profondeurs de la France". Ce sondage montre que "les Français refusent l'entrée de la Turquie" et qu'ils "refusent aussi l'Europe Frankenstein-Bolkestein qui menace notre édifice social". Il montre que "les parades du oui apparaissent aux Français politiciennes et dérisoires". "L'alternative entre le chaos avec le non et la corne d'abondance avec le oui ne marche pas auprès des Français, parce que les Français ont compris qu'il y avait deux Europe possibles: le non est euro-alternatif".

(1) Ce sondage a été réalisé par téléphone, auprès d'un échantillon représentatif de 860 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas.

le 20 mars 2005 à 19:34
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