Régulateurs : nouvelle expertise sur une Renault

Par Philippe MATHON, le 23 mars 2005 à 16h34 , mis à jour le 23 mars 2005 à 17h51

Cinq mois après l'affaire de la Vel Satis de l'A 71, une nouvelle expertise a été ordonnée mercredi sur un véhicule Renault. Le tribunal de grande instance de Bordeaux a désigné deux spécialistes pour analyser la Clio dont le régulateur de vitesse serait, selon sa conductrice, à l'origine d'un accident.

clio regulateur bordeaux

Les choses n'ont pas traîné. Statuant en procédure d'urgence, mercredi matin, le tribunal de grande instance de Bordeaux a ordonné l'expertise de la Renault Clio de location accidentée le 12 mars alors que sa conductrice, Christine Mourtier, une attachée commerciale de 40 ans, affirme avoir été victime d'une défaillance de son régulateur de vitesse. Le juge des référés a nommé, dit-il, deux experts "de haut niveau", ceux-là même qui travaillent depuis six mois sur la "Vel Satis folle" de l'A71, un véhicule que son propriétaire a "piloté" durant une heure à près de 200 km/h suite, soutient-il, au dysfonctionnement de son régulateur de vitesse.

A la demande du juge, les deux experts devront s'atteler à leur tâche dès jeudi matin. Des délais extrêmement courts en la matière. Au cours de l'audience, l'avocat de Renault, maître Yves Nakache, a refusé de participer à l'avance des frais d'expertise (estimés autour de 15. 000 euros) comme l'invitait l'avocate de Christine Mourtier. "Aujourd'hui nous sommes défendeurs et nous ne pouvons pas, cas par cas, faire l'avance des frais d'expertise", a-t-il expliqué. D'autant plus que, selon lui, "rien dans ce dossier ne permet de dire qu'il y a eu une défaillance du régulateur de vitesse."

Explication "simpliste"

Se retournant vers la conductrice, le juge a demandé le provisionnement de 2.000 euros, une somme très basse pour ce genre de dossier. Au passage, le magistrat a noté qu'il pourrait être amené à mettre à la charge de Renault des compléments d'expertises "si le dossier prouve qu'il y a des difficultés techniques". Me Scarlett Berrebi, l'avocate de la conductrice, a qualifié de "simplistes" les propos du patron de Renault, Louis Schweitzer, qui évoquait lundi "une confusion dans l'usage des pédales" de la part de "la trentaine" de clients qui affirmaient avoir été victimes d'un problème de régulateur.

Le 12 mars dernier, la Clio de Christine Mourtier est entrée en collision avec le véhicule qui la précédait. Sur l'autoroute A 63, au niveau de Cestas (Gironde), elle affirme ne pas avoir pu freiner à l'approche d'un ralentissement de la circulation alors qu'elle avait activé son régulateur de vitesse à 110 km/h. "La pédale était dure", assure celle qui s'est vu délivrer un arrêt de travail de 13 jours suite à des blessures aux vertèbres cervicales. Dans l'accident, son fils de 13 ans, présent à bord, ainsi que la conductrice du véhicule percuté ont été légèrement blessés. Depuis, le véhicule a été placé sous scellés dans un garage en présence de l'un des experts.

Photo AFP : Christine Mourtier , la conductrice de la Clio, aux côtés de son véhicule accidenté.

Par Philippe MATHON le 23 mars 2005 à 16:34
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