Risques "sévères" d'incendies dans le Sud-Ouest

le 19 mars 2005 à 08h05 , mis à jour le 19 mars 2005 à 22h15

La Gironde, les Landes et le Lot-et-Garonne ont été classés samedi en niveau "risques sévères" pour les incendies en raison de la sécheresse. Dans le Gard les rivières sont devenues ruisseaux. Dans l'Orne, la population est invitée à réduire sa consommation d'eau.

carte incendie sud-ouest

Après le département de la Charente vendredi, ce sont la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques qui viennent d’être classés, ce samedi, en "risques sévères" d’incendie. Une décision prise étonnament tôt dans la saison mais rendue inévitable en raison de la sécheresse qui frappe cette région. Deux Canadairs de la base de Marignane ont été dès ce week-end prépositionnés à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac afin de couvrir la région Aquitaine. Ils n'ont pas tardé à intervenir : un incendie a détruit samedi une vingtaine d'hectares de forêt, près de Saint-Barthélemy-de-Bellegarde, en Dordogne, avant d'être maîtrisé grâce à l'intervention d'une centaine d'hommes appuyés par les deux Canadairs.

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a de son côté interdit à partir de samedi 0 heure jusqu'à lundi minuit, "l'écobuage et l'incinération de végétaux sur pied", en raison d'une prévision météo faisant état de températures élevées accompagnées de vents sud-est. Dans les Landes, "les travaux mécanisés en forêt ne sont autorisés qu'entre 0 heure et 14 heures jusqu'à un retour au niveau 1", indique un communiqué de la préfecture. Il est également "interdit à l'intérieur des bois, forêts et landes et autour, jusqu'à une distance de 200 mètres, d'utiliser du feu, fumer, jeter tout débris incandescent, tirer des feux d'artifices et procéder à des incinérations" sans autorisation des mairies concernées, rappelle la préfecture.

Economiser 

La préfecture de l'Orne a invité vendredi la population "à adopter une attitude citoyenne en modérant sa consommation d'eau". "La faiblesse des précipitation hivernales a engendré un déficit en eau sur l'ensemble du département. En conséquence la réalimentation des nappes phréatiques, qui se produit pour l'essentiel pendant cette période, n'a pas été suffisante", explique la préfecture. "Si les conditions de temps sec persistaient, le département pourrait se voir confronté dans les prochaines semaines à des difficultés d'approvisionnement en eau", conclut le communiqué.

La préfecture de Charente Maritime a lancé un appel similaire. Une réunion de l'Observatoire de l'eau a été avancée de quinze jours pour parer à l'urgence : depuis l'été dernier, les nappes phréatiques ne se sont pas reconstituées et leur niveau est inférieur de 50% à la normale. "Il faudrait 100 mm de pluie d'ici trois semaines pour rétablir la situation, dit le préfet, ce qui est hautement improbable". Pour autant, aucune mesure d'interdiction n'a encore été prise, mais toutes les mairies du département vont être fortement incitées à économiser l'eau potable en supprimant l'arrosage des massifs et des terrains de sports entre 8 heures et 20 heures.

Le Gard perd ses eaux

Dans le Gard, la sécheresse a transformé bon nombre de rivières réputées pour leurs terribles inondations en petits ruisseaux. Si le Vidourle, le Vistre ou encore la Cèze sont touchés, c'est surtout le Gardon et ses nombreux affluents, au coeur des Cévennes, qui incarnent cette situation exceptionnelle. Près d'Alès, le débit du Gardon avoisine les 0,5 m3/s - dix fois moins que sa valeur normale à pareille époque. C'est son débit historiquement le plus bas. Entre Nîmes et Uzès, le pont Saint-Nicolas tout juste restauré, dont le  tablier avait été arraché lors des crues dramatiques de septembre 2002, domine  désormais un lit de cailloux aride, jonché de quelques flaques où gisent des poissons morts…

le 19 mars 2005 à 08:05
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