© AFPLa meurtrière présumée d'Edouard Stern, Cécile Brossard, a été poussée à bout par le richissime financier français, qui l'aimait et la harcelait, a expliqué mardi son avocat, défendant la thèse du crime passionnel. Trois semaines après le meurtre de l'ex-gendre et dauphin du patron de la banque Lazard à son domicile de Genève, la justice suisse a prolongé de trois mois la détention de sa maîtresse, avec qui il vivait depuis quatre ans, a annoncé l'avocat Pascal Maurer.
Mme Brossard, une Française âgée de 36 ans, a été arrêtée en Suisse la semaine dernière et a avoué les faits. Selon son avocat, le meurtre du 28 février "a tous les éléments a priori d'un crime passionnel et non pas d'un assassinat", dont sa cliente a été inculpée. Selon lui, Mme Brossard "explique son geste par un moment de désespoir, d'émotion intense, de réaction à des manipulations, à des provocations, à des déceptions". L'inculpée entretenait depuis quatre ans "une relation compliquée" avec Edouard Stern. "Quand elle s'éloignait de lui, il la persécutait quasiment pour qu'elle revienne, il la harcelait, elle revenait, elle l'aimait, et après il la rejetait. C'est l'idée de manipulation", a estimé l'avocat. Selon lui, Edouard Stern avait promis à sa compagne qu'il l'épouserait une fois que son divorce aurait été prononcé et elle n'a appris que depuis sa mort qu'il était en fait divorcé depuis longtemps.
"Ils avaient une relation étrange…"
M. Stern, qui était âgé de 50 ans, a été retrouvé revêtu entièrement d'une combinaison en latex qui a mis les enquêteurs sur la piste d'un crime sexuel de type sado-masochiste. "Ils avaient une relation étrange qui ne rentre pas dans les critères communs des relations amoureuses", a observé l'avocat. "Il y avait des moeurs particulières. Quand j'aurai plus d'explications, je vous dirai si c'est sado-masochiste ou pas".
Me Maurer a confirmé que les amants étaient en délicatesse à propos d'une "donation" d'un million de dollars que M. Stern avait faite "en gage d'amour pour qu'elle soit indépendante financièrement". Deux ou trois jours plus tard, toujours selon l'avocat, le banquier faisait bloquer la somme en expliquant par voie judiciaire "qu'elle l'avait trompé dans une transaction portant sur des tableaux de maître qu'elle devait lui vendre et qu'elle n'avait pas".
Photo AFP : Pascal Maurer, l'avocat de la meurtrière présumée d'Edouard Stern.
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