TGV en feu à Roissy : une simulation instructive

le 18 mars 2005 à 07h41 , mis à jour le 18 mars 2005 à 15h07

Un accident de TGV grandeur nature a été simulé la nuit dernière à l'aéroport de Paris, pour tester la réactivité des secours. Bilan : il faut améliorer la rapidité d'intervention et le guidage des secours.

tGV roissy simulation accident

"Au secours ! Est-ce qu'il y a quelqu'un pour nous sortir du train ?", questionnent les 120 "passagers" qui tapent aux vitres pour attirer l'attention des sauveteurs, dans une rame échouée en pleine nuit et cernée de fumigènes rouges figurant des flammes. La scène s’est passée la nuit dernière à 1,5 kilomètre de la gare de Roissy. A l'initiative de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et de la SNCF, il s’agissait du premier exercice de simulation grandeur nature d'un accident de TGV dans cette aéroport. Le plan rouge interdépartemental et le plan de secours spécialisé ont été déclenchés à minuit par le sous-préfet de l'aéroport de Roissy Jacques Lebrot. "Je vois rien dans le noir, j'ai soif", gémit une passagère fantomatique dans l'obscurité d'un wagon-restaurant désert. "Venez, madame, la sortie est sur votre gauche", tente de la rassurer un pompier. "Et l'incendie aussi ?" "Non, l'incendie est éteint". Les blessés légers et valides sont évacués rapidement, mais les équipes médicales, ainsi que les pompiers équipés de scaphandres NRBC qui devront désormais systématiquement "lever le doute" sur une éventuelle attaque chimique en cas d'explosion, ont mis plus de temps que prévu pour accéder au train.

"Améliorer le guidage des secours"

Le test a globalement bien fonctionné, mais quelques dysfonctionnements instructifs ont déjà été relevés, qui doivent permettre d'améliorer ce type d'intervention. Le premier poste médical avancé, monté à quelques centaines de mètres du sinistre, a notamment du être démonté et remonté plus près du TGV.

Lors d'un débriefing au terminal 3, Jacques Lebrot a également constaté qu'il y avait eu "un petit peu de retard" pour les arrivées des équipes médicales. "L'exercice a été globalement positif. Il s'agissait du premier du genre et à prendre autant de blessés en compte. Il faudra améliorer le point de regroupement et le guidage des services de secours vers les lieux du sinistre".

Côté pompiers, près de 60 engins ont été mobilisés pour 300 hommes et "globalement, ça s'est plutôt bien passé", estime le commandant Olivier Delplace, qui reconnaît toutefois que les équipes NRBC "sont peut-être arrivées un peu tard par rapport à l'état d'avancement de l'intervention". Jacques Lebrot a également relevé des petits détails comme "le manque de lumière" et le manque de "petites échelles" pour accéder aux wagons alors que l'électricité des voies et de la rame avait été coupée pour des raisons de sécurité évidentes. Un bilan plus approfondi sera établi d'ici au 1er avril, a annoncé Jacques Lebrot, selon qui "il n'est pas impossible" qu'une partie de l'exercice soit rejouée avant la fin de l'année.

le 18 mars 2005 à 07:41
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