Jean-Pierre Roux-Durraffourt, le responsable de la tuerie de Tours © DRPrès de trois ans et demi après son périple meurtrier dans le centre de Tours où, armé d'une carabine, il avait tué en pleine journée quatre personnes et blessé sept autres, Jean-Pierre Roux-Durraffourt est jugé depuis mercredi matin aux assises d'Indre-et-Loire. Agé de 47 ans, il est accusé d'assassinats, tentatives d'assassinats, tentatives de meurtres sur un militaire de la gendarmerie et sur un fonctionnaire de la police nationale. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès devrait durer jusqu'au vendredi 25 mars.
Le 29 octobre 2001, ce père de trois enfants, cheminot, conducteur d'engins, demeurant à Chambray (Indre-et-Loire) sort de sa vieille Peugeot 505 garée en centre-ville. Cet adepte des centres de tirs passe alors une cagoule, arme une carabine 22 long riffle et commence son parcours meurtrier. Deux hommes, âgés de 48 et 59 ans, sont les premières victimes. Le temps de recharger et un homme de 66 ans, puis un autre de 33 ans, sont tués. Il tire en direction de voitures et fait des blessés.
"Je n'avais plus toute ma tête"
Puis il se poste devant l'Hôtel de ville et reprend sa marche. Le tireur se heurte alors à des policiers, tire sur eux, blesse le premier à un poignet, le second à la nuque, et blesse après un gendarme au thorax. Le centre-ville est bouclé, le RAID appelé en renfort. L'homme se réfugie dans un parking souterrain, situé en face de la gare. Là, un policier parvient à le blesser au thorax. C'est la fin de l'expédition sanglante de Jean-Pierre Roux-Durraffourt.
Ce dernier, présenté comme renfermé et asocial par des proches, parle d'amnésie aux moments des faits puis se mure dans le silence. Il adresse une lettre aux familles des victimes pour leur dire qu'il ne se souvient de rien: "A ce moment, je n'avais plus ma tête... J'étais un autre", écrit-il. "Il a une responsabilité entière et totale", juge le responsable de l'association des familles de victimes. "Il voulait se suicider en faisant des actes qui le feraient passer dans la presse. Il avait dit 'on parlera de moi'. Il a nargué tout le monde pour se faire descendre et personne n'a eu le courage de le faire", assure-t-il. Le procès sera sans nul doute dominé par les débats d'experts psychiatres.
(Image LCI : Jean-Pierre Roux-Durraffourt à l'audience)
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