Les 100 ans du PS : une mise au point en guise de gâteau

Par Amélie GAUTIER (avec AFP), le 22 avril 2005 à 17h27 , mis à jour le 23 avril 2005 à 21h43

Le Parti socialiste a fêté samedi son centenaire dans un climat terni par les déchirements entre partisans du "oui" et du "non" au référendum européen. Lionel Jospin a appelé les militants à respecter la "discipline" du parti, qui s'est prononcé lors d'un scrutin interne en faveur du traité européen.

Jospin Hollande PS © TF1

Sans faste ni horde de militants, le Parti socialiste a fêté samedi à Paris son centenaire. Et pour l'événement, il s'est contenté, campagne référendaire et divisions à la clé obligent, d'un colloque discret dans un lieu hautement symbolique, la bibliothèque François Mitterrand.

A l'exception notable du numéro 2 Laurent Fabius, aux Etats-Unis pour donner des conférences sur l'Europe, tous les grands pontes du PS étaient là pour souffler les bougies de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO) créée en 1905. Michel Rocard, Jacques Lang, Jacques Delors, Dominique Strauss-Kahn, Robert Badinter, François Hollande … Et Lionel Jospin.

Rappel à l'ordre

Les débats se sont ouverts dans un climat apaisé mais l'ancien Premier ministre a choisi le langage de la fermeté pour être sûr d'être entendu. "Grand témoin" du colloque, il a solennellement rappelé aux socialistes qu'ils se devaient de respecter "la discipline" de leur parti qui s'est majoritairement prononcé pour le "oui" au référendum sur la Constitution européenne.

Trois ans après son retrait de la vie politique, l'ancien dirigeant du PS a accentué son retour en rappelant à l'ordre les tenants du "non" qui s'affranchissent de la démocratie interne au sein du parti. "Tenir pour rien le vote des militants et s'affranchir de nos règles communes me paraît davantage inspiré par le libéralisme, stigmatisé par ailleurs, que de l'esprit collectif qui est le propre du socialisme", a déclaré Lionel Jospin à l'adresse des socialistes qui font campagne pour le non au référendum. Et de viser, sans les nommer Laurent Fabius, Henri Emmanuelli ou Jean-Luc Mélenchon.

De l'unité avant toute chose

Même appel à la cohésion du côté de François Hollande. S'exprimant en clôture du colloque, le numéro 1 socialiste a déclaré : "l'unité des socialistes est toujours la condition du rassemblement de la gauche, et le rassemblement de la gauche est la condition d'une victoire pour l'alternance". François Hollande a lancé : "il n'y a pas d'avenir à gauche en dehors du PS". "La division à l'intérieur de nous-mêmes crée la suspicion à l'extérieur et fractionne. A chaque fois que le PS a jeté le trouble par ses controverses sur la pertinence de sa propre ligne, il a donné prise à ses concurrents à gauche", a-t-il averti. "C'est ainsi que nous avons été écartés du pouvoir", a-t-il rappelé.

Pour le Premier secrétaire, "le vote est le principe essentiel sur lequel il ne faut pas faire exception, il faut respecter le choix des militants". Il a demandé à ses amis d'écarter "toute tentation protestataire" qui "nous "éloigne du rôle qui doit être le nôtre, changer le cours des choses".

(Photo : François Hollande et Lionel Jospin, samedi 23 avril/TF1)

Par Amélie GAUTIER (avec AFP) le 22 avril 2005 à 17:27
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