© lciComme ils le craignaient, les pompiers ont découvert vendredi soir le cadavre d'une vingt-et-unième victime, une femme, dans les décombres de l'hôtel parisien ravagé par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Samedi, après une nuit de fouilles ininterrompues, les soldats du feu poursuivaient leur progression dans l'immeuble en cendres à la recherche d'autres éventuels cadavres.
Treize personnes ont été formellement identifiées et leur décès a été annoncé à leurs proches, selon la cellule d'accueil. Parmi ces personnes, une mère de famille africaine et ses deux enfants de cinq ans et un an et demi, un Sénégalais qui s'est défenestré et un couple turc. La préfecture ne disposait pas de détails sur les nouvelles victimes identifiées samedi. Onze personnes ont été hospitalisées vendredi dans un état grave et une quarantaine d'autres ont été moins grièvement blessées.
"Améliorations"
Même s'il semble acquis que le sinistre a une origine accidentelle, aucune piste n'était écartée par les enquêteurs, samedi matin. Les spécialistes du laboratoire central ont entamé constatations et prélèvements dès vendredi matin pour vérifier, notamment, l'hypothèse selon laquelle le feu serait parti d'un micro-ondes au premier étage avant de se propager très vite vers les étages supérieurs par les cages d'escalier et d'ascenseur.
L'hôtel, classé en 5e catégorie (accueil de moins de 100 personnes), était régulièrement soumis aux visites de sécurité contre les risques d'incendie. Le dernier contrôle remontait au 24 mars, il y a tout juste trois semaines. Le contrôleur de la sécurité de la Direction de protection du public avait alors demandé au gérant de l'hôtel de procéder à des "améliorations". Mais en aucun cas, il n'avait "fait obstacle à la poursuite de l'exploitation de l'établissement".
Hébergement d'urgence
Des "essais sur détection incendie ont été réalisés", a précisé la préfecture de police, la "vérification des moyens de secours" ayant eu lieu une semaine auparavant. Des mesures avaient été recensées et décidées, à l'issue de cette dernière visite, dont celle visant à "terminer la révision des installations électriques" ainsi que "l'aménagement de la chaufferie à gaz". L'exploitant devait aussi "afficher dans chaque chambre un plan sommaire de repérage" de chacune d'entre elles "par rapport aux dégagements à utiliser en cas d'incendie".
Les personnes sinistrées ont commencé à être transférées vendredi dans l'après-midi dans un hôtel du XVe arrondissement de la capitale, selon la préfecture de Paris.
Manifestation lundi |
Les associations Droit au logement (DAL) et Droits devant appellent à une manifestation lundi à 18 h devant l'hôtel Paris-Opéra qui accueillait des familles sans logement. "Nous demandons que ces familles soient relogées et leur situation régularisée pour celles qui sont sans papiers", a déclaré Jean-Baptiste Eyraud du DAL. Sur la vingtaine de familles qui logeaient dans cet hôtel, dix ont été relogées dans un hôtel du 15e arrondissement et le reste chez des tiers, a-t-il précisé. Une personne était hébergée à l'hôtel Paris-Opéra depuis mars 2003, selon la même source. Le DAL et Droits devant demandent également l'arrêt des expulsions et la mise en œuvre de la loi de réquisition qui autorise la préfecture à saisir temporairement des logements vides qui seraient au nombre de plusieurs dizaines de milliers, selon le DAL. Droits devant appelle à la construction de logements sociaux "accessibles aux plus démunis" et à la mise en place de "structures d'accueil décentes pour les sans papiers", dans un communiqué. |
(Image LCI : les pompiers à l'oeuvre)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




