© AFPLa communauté arménienne de France, la plus importante d'Europe, a marqué dimanche le 90e anniversaire du génocide en organisant messes, rassemblements et défilés, notamment devant les représentations de Turquie dans plusieurs grandes villes du territoire. Les quelques 350.000 Arméniens de France, militant inlassablement pour la reconnaissance du génocide qui a fait 1,5 millions de victimes selon Erevan, se sont mobilisés toute la journée. "On est dans une démarche revendicative vis à vis de la Turquie qui continue de rejeter le génocide", a expliqué à l'AFP Alain Saboundjian, porte-parole du Comité de défense de la cause arménienne.
"Le négationnisme d'Etat"
Autre point fort souligné et apprécié par les porte-paroles de la communauté arménienne : la participation de chefs politique de tous bords lors des messes et rassemblements. A Paris, une messe de Requiem en la cathédrale Notre-Dame célébrée par l'église catholique arménienne devait voir affluer Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie. Ce dernier, lui-même d'origine arménienne, a dénoncé dimanche, lors de l'émission Parlons-en de la Chaîne parlementaire-Assemblée nationale, "le négationnisme d'Etat" de la Turquie vis-à-vis du génocide arménien.
Dans l'après-midi, un rassemblement devant la statue de Komitas place du Canada, suivi d'une manifestation jusqu'à l'annexe de l'ambassade de Turquie aux Champs-Elysées, devait rassembler François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France, Pierre Lellouche, député UMP et François Bayrou, président de l'UDF. Inauguré en avril 2003, le monument du génocide arménien rend hommage au musicien arménien Komitas, mort en 1935 à Paris, ainsi qu'aux victimes du génocide et aux combattants arméniens Morts pour la France.
Dépôt de gerbes
Dans Marseille et sa région, qui abritent la deuxième communauté arménienne de France avec quelque 80.000 personnes, quelques milliers de personnes ont assisté à la pose de la première pierre d'un mémorial du génocide. "Il a fallu attendre 2001 pour que la France reconnaisse le génocide arménien, combien de temps faudra-t-il à la Turquie?", a déclaré lors de cette cérémonie le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Michel Vauzelles (PS), avant de lancer: "non à l'entrée de la Turquie dans l'Europe tant qu'elle n'aura pas reconnu le génocide arménien".
A Lyon, une messe de Requiem en la cathédrale Saint-Jean a célébré cet anniversaire par la voix de Mgr Norvan Zakarian, responsable de l'église apostolique arménienne, avec une homélie prononcée par cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et Primat des Gaules. Un cortège s'est ensuite rendu Place Antonin Poncet où doit être érigé un mémorial du génocide des Arméniens.
A Strasbourg, un dépôt de gerbes a eu lieu au Monument aux morts de la place de la République, en présence du maire Fabienne Keller (UMP) et du représentant permanent de l'Arménie auprès du Conseil de l'Europe, suivi d'une liturgie de l'Eglise apostolique arménienne, dans une église du centre-ville.
(Photo Exposition de tableaux d'artistes arméniens le 24 avril à Paris/AFP/St. DE SAKUTIN)
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