© TF1Jean-Pierre Raffarin, tout en se disant confiant dans les résultats de sa politique économique et sociale, se montre désormais très prudent sur la baisse du chômage, le taux de croissance en 2005 ainsi que le rythme de baisse de l'impôt sur le revenu. Dans un entretien que publie Nice-Matin, le Premier ministre reconnaît en effet pour la première fois que sa promesse de baisser de 10% le nombre de demandeurs d'emploi sur l'ensemble de l'année 2005, réaffirmée à plusieurs reprises, risque de ne pas être respectée dans les temps et que sa réalisation sera "peut-être décalée de quelques mois" en raison, selon lui, du "nouveau choc pétrolier".
Tout en réaffirmant son "ambition" de parvenir à cette baisse de 10%, Jean-Pierre Raffarin semble partager les doutes récemment émis sur cet engagement par son ministre du Travail Jean-Louis Borloo, qui avaient, selon la presse, provoqué des tensions entre les deux hommes. "Il reste que, selon l'Unedic et plusieurs instituts, le nombre de demandeurs d'emploi devrait diminuer de 120.000 cette année. Nous pouvons faire encore mieux", assure le Premier ministre. Mais une baisse de 10% du chômage en 2005 devrait concrètement se traduire par 250.000 demandeurs d'emploi en moins. La possibilité de tenir de cette promesse a été mise en doute par certains experts, les syndicats et le patronat, alors le taux de chômage est remonté à 10,1% de la population active et que l'on frôle désormais la barre des 2,5 millions de chômeurs.
"Les pessimistes n'ont pas toujours raison"
S'agissant du taux de croissance, Jean-Pierre Raffarin joue désormais également la carte de la prudence en jugeant "raisonnable" de retenir une fourchette "entre 2 et 2,5%" pour 2005, évoquée depuis plusieurs semaines par le ministre de l'Economie Thierry Breton. Le gouvernement a bâti son budget, à l'automne dernier, sur 2,5%. La Commission européenne évoque elle plutôt une croissance de 2%. "Pour 2004, les experts évoquaient 1,7% de croissance. Nous avons fait presque un point de mieux" à 2,6%, rappelle le chef du gouvernement en jugeant que "les pessimistes n'ont donc pas toujours raison".
Quant à la baisse de l'impôt sur le revenu, "l'orientation est maintenue" mais le gouvernement la conditionne et décidera des nouvelles réductions, notamment dans l'élaboration du budget 2006, "en fonction du rythme de l'activité économique". "Nous avons déjà baissé l'impôt sur le revenu de plus de 10% depuis 2002", souligne le Premier ministre. "Notre politique est globale, nous actionnons tous les leviers possibles", le premier étant "la consommation" : augmentation du Smic, "garantie de maintien du pouvoir d'achat des fonctionnaires", développement de l'intéressement des salariés et "déblocage des revenus tirés de la participation", lutte "contre les marges excessives de la grande distribution" via l'amélioration de la loi Galland. Le gouvernement soutient également l'investissement, "notamment par l'exonération de taxe professionnelle avant qu'un nouveau dispositif, plus favorable à notre industrie, ne soit arrêté pour 2006", ajoute Jean-Pierre Raffarin.
Photo d'ouverture : archives
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