Christian Pellerin mis en examen

le 01 avril 2005 à 21h27 , mis à jour le 01 avril 2005 à 23h16

Le promoteur immobilier, connu notamment pour avoir été le promoteur et concepteur du quartier d'affaires de la Défense, est poursuivi pour "escroquerie" et "abus de confiance". Son expert-comptable a été pour sa part mis en examen pour "complicité d'escroquerie, faux et usage".

[Expiré] [Expiré] christian pellerin © AFP

Le promoteur immobilier Christian Pellerin, le concepteur du quartier d'affaires de la Défense, a été mis en examen vendredi soir par un juge d'instruction de Nanterre et écroué dans une affaire de fraudes présumées dans la gestion de sociétés civiles immobilières (SCI). Il devra répondre "d'escroquerie, abus de confiance, complicité de faux en écriture privée et usage, complicité d'établissement de fausses attestations et usage, et abus de biens sociaux". Son expert-comptable Pascal Duclos a également été mis en examen, pour "complicité d'escroquerie, faux et usage, fausses attestations et usage", selon une source judiciaire qui n'a pu préciser s'il a été écroué, ainsi que l'avait requis le parquet.

Le promoteur avait été interpellé mercredi, et son expert-comptable jeudi, et tous deux avaient été placés en garde à vue par les gendarmes de la section de recherches de Versailles. Le parquet de Nanterre avait ouvert en septembre 2004 une information judiciaire pour "abus de confiance et escroquerie au jugement", après plainte avec constitution de partie civile de l'ex-épouse du promoteur, Valérie Muller.

Soupçons autour de la SCI Trapèze

Durant le divorce, Christian Pellerin avait demandé la saisie de deux SCI, propriétaires d'immeubles et de terrains du quartier d'affaires de la Défense (Hauts-de-Seine) et appartenant à son épouse, le promoteur prétendant y détenir un compte courant de 4,9 millions d'euros. Pour justifier la saisie, obtenue en octobre 2003, le promoteur avait produit des bilans des SCI et une attestation de son expert-comptable. Or, les gendarmes ont trouvé des preuves de falsification de ces documents, et des indices montrant que les loyers versés aux SCI pour l'occupation des immeubles à la Défense ont été détournés à partir de 1997 au profit de Christian Pellerin ou d'une autre SCI lui appartenant, la SCI Trapèze.

Deux autres affaires concernent la SCI Trapèze. Des malversations présumées au sein de cette SCI ont conduit, après plainte avec constitution de partie civile d'un administrateur, à l'ouverture d'une seconde information judiciaire pour "abus de biens sociaux" à Nanterre. Le juge d'instruction Richard Pallain, chargé de cette affaire, a interrogé en janvier Christian Pellerin, qui n'est pas mis en examen dans ce dossier. Une enquête préliminaire a également été lancée courant 2004 par le parquet de Nanterre à propos de surfaces construites en fraude (des milliers de mètres carrés) dans des tours de la Défense, dont certaines ont été édifiées grâce à des droits à construire de la SCI Trapèze.

Dans une autre affaire, Christian Pellerin avait été condamné en 2000 à deux ans de prison dont un ferme, pour avoir construit en zone inconstructible, pour 22,41 millions d'euros, un palais troglodyte de plus de 1.600 m2 sur la presqu'île du Cap d'Antibes, considéré à l'époque comme le plus important dépassement jamais constaté en France Il a depuis été condamné début 2003 à un an de prison avec sursis et 200.000 euros d'amende pour "recel d'abus de biens sociaux" après la construction d'une luxueuse propriété lui appartenant par une entreprise du bâtiment de la région du Mans.

(Christian Pellerin/archives AFP)

le 01 avril 2005 à 21:27
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