© INTERNEJoseph Peraldi, présenté comme l'instigateur principal des attentats commis en 1999 contre la DDE et l'Urssaf d'Ajaccio, a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris. Après environ huit heures de délibéré, la cour a également condamné Simon Salvini et Jean-Claude Ampart, accusés d'être les auteurs directs de l'attentat contre la DDE, respectivement à 14 et 10 ans de réclusion criminelle.
Poursuivi pour complicité, Jean-François Ramoin-Luciani, a été condamné à 13 ans de réclusion tandis que Nicolas Salvini, frère de Simon, a écopé de huit ans, bien au-delà des réquisitions de l'avocat général Yves Jannier qui avait demandé cinq ans d'emprisonnement. Laurent Peraldi, le fils de Joseph, et Jean-Louis Orlandetti ont été condamnés à cinq d'emprisonnement avec sursis pour leur participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ils ont cependant été acquittés des charges de complicité qui pesaient sur eux.
Jean-Pierre Pierandrei et Jean-Antoine Fieschi, eux-aussi soupçonnés de complicité, ont été respectivement condamnés à 4 et 3 ans, assortis de sursis. Enfin, les deux derniers accusés, François Chabot et Christophe Pireddu ont été acquittés. "La cour d’assises spécialement composée dans les dossiers politiques corses rend une justice d’exception", a commenté Me Vincent Stagnara, avocat de Joseph Peraldi, évoquant des condamnations "tout à fait incompréhensibles". "Cela fait encore un malheur supplémentaire pour la Corse, a-t-il ajouté. La Corse est faite pour vivre dans le tragique."
Une vingtaine de blessés
Les onze accusés avaient comparu depuis le 4 avril devant la cour d'assises spéciale de Paris pour leur participation aux deux attentats commis en plein jour le 25 novembre 1999 contre la Direction départementale de l'Equipement (DDE) et l'Urssaf d'Ajaccio. Ces deux actions terroristes, qui firent une vingtaine de blessés et d'importants dégâts, étaient destinés à faire fléchir le gouvernement Jospin, qui avait mis l'arrêt de la violence comme préalable aux discussions avec les autonomistes, selon la revendication. Peu après, des négociations s'étaient enclenchées donnant lieu au processus de Matignon.
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