
Une centaine d'avocats parisiens se sont rassemblés jeudi sur les marches du palais de justice de Paris pour protester contre la détention, depuis le 19 avril, de leur consoeur de Toulouse, France Moulin, soupçonnée d'avoir révélé à un tiers des informations sur un dossier de blanchiment d'argent de la drogue dans lequel elle défendait un client. La chambre d'instruction de la cour d'appel d'Orléans dévoilera vendredi sa décision concernant la demande de remise en liberté de l'avocate.
A Toulouse, le barreau auquel appartient Me Moulin a mobilisé 300 de ses 800 membres. "Notre action symbolique, soutenue par les 40.000 autres avocats de ce pays, est le reflet d'une forte angoisse au sein de notre famille quand l'un d'entre nous est jeté dans une prison où il n'a rien à faire", a déclaré le bâtonnier de Toulouse, Thierry Carrère. "Notre action ne fait que commencer contre un texte de loi que nous dénonçons depuis le début. Notre action est silencieuse, certes, mais il faut que l'on entende aujourd'hui, partout en France, notre voix", a ajouté Me Hanoun-Lamouroux, membre du Conseil de l'ordre.
"Défense des droits de la défense !", ont scandé les "robes noires", réunies notamment à l'appel de l'Union des jeunes avocats (UJA). Les avocats ont ensuite lu un texte dénonçant le nouvel article 434-7-2 du code pénal permettant de punir "la révélation d'informations" contenues dans un dossier d'instruction, entré en vigueur avec la loi Perben 2 du 9 mars 2004 et sur la base duquel Me Moulin a été incarcérée.
"Atteinte aux droits de la défense"
Le bâtonnier de Paris, Me Jean-Marie Burguburu, qui n'a pas participé à la manifestation - tout en soulignant qu'une "modification" de l'article controversé "s'impose" - , a rencontré en fin de matinée le président de la cour d'appel de Paris et le procureur général, puis le premier président de la Cour de cassation et le procureur général.
Accompagné de plusieurs membres du Conseil de l'Ordre, il a fait part aux plus hauts magistrats de France des "craintes" du plus grand barreau de France -plus de 18.000 avocats - quant aux "nouvelles dispositions législatives de nature à porter atteinte aux droits de la défense". Une réunion aura lieu le 3 mai avec le ministre de la Justice Dominique Perben, pour examiner les modifications que ce texte et sa mise en oeuvre paraissent appeler.
Photo d'ouverture : avocats manifestant jeudi sur les marches du palais de justice de Paris - DR
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