
Alors qu'une nouvelle manifestation est organisée mercredi par la Coordination lycéenne à Paris, François Fillon a relancé le dialogue avec les deux syndicats lycéens en les recevant mardi à 19 heures. Le ministre de l'Education et les responsables de l'Union nationale lycéenne (UNL) et de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne, au terme d'une rencontre d'une heure et demie, ont exprimé une "envie commune" de sortir de la crise.
"Nous avons discuté de façon sereine et constructive", a déclaré le ministre. "D'emblée je leur ai dit que l'on ne discuterait pas de la loi et qu'on ne reviendrait pas sur une mesure essentielle, la suppression des TPE (travaux personnels encadrés) en terminale (...) En revanche je leur ai proposé d'installer plusieurs milliers d'assistants pédagogiques dans les 300 lycées les plus en difficulté, d'engager des discussions autour de la démocratie et de l'expression lycéennes". Et de conclure : "tout le monde peut sortir de la crise en respectant la légalité".
Pas d'indulgence à attendre des examinateurs
De son côté, le rectorat de Paris est inquiet. Les "graves perturbations" causées depuis un mois par des opposants à la loi Fillon dans les lycées Montaigne (Vie arrondissement), Balzac (XVIIe), Paul-Valéry (XIIe) et Sophie-Germain (IVe), menacent la réussite de l'examen final, l'administration jugeant "irrattrapables" les retards pris dans les cours en terminale.
"Le baccalauréat est trop proche et il y a 15 jours de vacances. Dans six ou sept lycées à Paris, cela nous inquiète au plus haut point car tous les cours qui ont sauté ne seront pas rattrapés", a insisté le porte-parole cité par l'agence Reuters. Le baccalauréat de philosophie commencera début juin et le bac général se déroulera entre le 15 et le 25 juin. Prié de dire si les examinateurs seraient indulgents dans la correction des épreuves, il a répondu que "tous les professeurs n'ont pas soutenu la grève des lycéens". "Ils ne pourront pas faire la différence entre les grévistes et ceux qui n'ont pas fait la grève."
La semaine dernière François Fillon a donné des consignes extrêmement fermes pour faire évacuer les lycées occupés par des élèves. Mardi, les opposants à la loi Fillon ont poursuivi leurs actions à Paris dans les lycées Balzac (XVIIe), Diderot (XIXe) et Louis-Armand (XVe). Ils ont brièvement installé des barrages filtrants devant les grilles des établissements. Le lycée Montaigne a, lui, été fermé pour la journée, après son occupation lundi par près de 200 élèves. Ailleurs, un train Toulouse-Paris a été bloqué 3 heures. En revanche, la police a évacué les lycéens qui avaient occupé dans le courant de l'après-midi l'inspection académique de Seine-Saint-Denis. Par ailleurs, cinq lycéens âgés de 16 à 18 ans ont été placés en garde à vue lundi soir après des affrontements qui ont opposé une centaine de lycéens aux forces de l'ordre à Taverny (Val d'Oise), en marge d'une manifestation.
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