ETA : un avocat mis en examen et écroué

le 26 avril 2005 à 10h02 , mis à jour le 26 avril 2005 à 10h21

Un avocat espagnol, défendant régulièrement des militants présumés de l'ETA, a été mis en examen lundi par un juge antiterroriste parisien et placé en détention. L'avocat est soupçonné d'avoir participé à la transmission de documents à des dirigeants de l'ETA en prison.

etat vignette eta terroriste logo etarras etarra terrorisme basque basques © INTERNE

Un avocat espagnol de membres de l'ETA, soupçonné d'avoir transmis des documents à des militants de l'organisation séparatiste basque emprisonnés en France, a été mis en examen et écroué à Paris lundi soir. Unai Errea Berges, inscrit au barreau de Saint-Sébastien (Pays Basque, nord de l'Espagne), a été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et remise à un détenu de correspondance en dehors des cas autorisés par le règlement".

Le juge des libertés et de la détention a ordonné lundi soir son placement en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet de Paris.

"Il faut s'inquiéter pour la défense des droits et des libertés..."

"Mon client conteste formellement avoir transmis quelque document que ce soit", a expliqué son avocate, Me Irène Terrel, selon laquelle "le dossier ne permet pas d'établir avec certitude quoi que ce soit". Dénonçant "une procédure abusivement répressive", l'avocate s'est inquiétée "de la façon dont des membres du barreau semblent aujourd'hui perçus", après la mise en examen et l'incarcération de l'avocate toulousaine, Me France Moulin. "Lorsque des avocats sont incarcérés, il faut s'inquiéter pour la défense des droits et des libertés et s'interroger sur la fragilité de nos institutions", a-t-elle ajouté.

De source proche du dossier, on insiste sur l'absence totale de point commun entre les dossiers de l'avocate toulousaine récemment incarcérée et de l'avocat espagnol. La première relevant du délit présumé de "divulgation d'information" mis en place par la loi Perben II du 9 mars 2004 et le second du délit d' "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

La transmission présumée de documents inhérents à l'ETA, si elle était avérée, ferait de lui un maillon de l'organisation indépendantiste basque au regard de la législation française. L'avocat espagnol avait été arrêté vendredi après-midi au palais de justice de Paris, avait déjà fait l'objet d'une arrestation pour des faits similaires en mai 2003.

le 26 avril 2005 à 10:02
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