
C'est au bout de 3 heures de délibéré que la justice a acquitté, vendredi, en appel, le Dr Daniel Fouchard, praticien d'un village de Mayenne initialement condamné après avoir été accusé par des patients de viol ou agressions sexuelles. Le verdict a été accueilli par des sanglots et des applaudissements de la part de ceux qui soutenaient le médecin.
Le Dr Fouchard, 58 ans, qui comparaissait libre, était épaulé depuis le début de son procès mardi par un imposant comité de soutien de son village de Landivy. Il avait avait été condamné en janvier 2004 à 8 ans d'emprisonnement par la cour d'assises de la Mayenne pour des faits qu'il a toujours fermement contestés en s'estimant "victime d'une cabale". En première instance, le Dr Fouchard avait été reconnu coupable de "sodomie" dans un cas et d'"agressions sexuelles" dans trois autres, sur la foi de télmoignages d'anciens patients. "A Laval il avait été condamné d'avance. Ici, il a eu droit à un procès équitable", a estimé Pascale Loisel, un médecin de Landivy, membre du comité de soutien. Fait exceptionnel, il avait été remis en liberté conditionnelle en mai suivant sur décision de la chambre de l'instruction de la cour d'assises d'Ile et vilaine.
"Victime de la bêtise humaine"
"Je ressens une très grande satisfaction. Ce verdict consacre le grand principe de la présomption d'innocence", s'est félicité un des avocats de la défense, Me Philippe Billaud. Dans l'après-midi, l'avocat général Yves Boivin avait ouvert la voie à un acquittement en ne requérant pas de peine. "Je n'ai aucune certitude, je n'ai pas de preuve. Quand on n'a pas de preuve, on ne condamne pas", avait-il déclaré dans son réquisitoire lors de l'audience à huis-clos.
Le médecin a été ovationné à sa sortie de l'audience. "Je suis très heureux, mais je ne sais pas comment je vais m'en sortir après tout ça", a-t-il déclaré, très ému. "J'ai vu très rapidement que j'avais affaire à des hommes de qualité, à des magistrats qui ont lu le dossier. Si on avait lu le dossier dès le départ il n'y aurait pas eu ce désastre. C'est ignoble, on ne traîne pas les gens dans la boue", a-t-il ajouté. "L'engrenage s'est fait par la manipulation de gens frustres qui m'en voulaient parce que je n'ai pas délivré un certificat médical ou donné de rendez-vous", a expliqué le Dr Fouchard, avant de tomber dans les bras de sa fille Constance, 23 ans, qui était en pleurs. "Mon mari a été victime de la bêtise humaine, de la jalousie et de la médiocrité de certaines gens qui ne supportent pas la supériorité", a affirmé son épouse Roselyne.
Homme de tempérament, apprécié pour sa droiture et ses compétences, Daniel Fouchard était le médecin généraliste de Landivy, un bourg rural de 800 habitants, jusqu'à sa mise en examen en juin 2000 après le dépôt de plusieurs plaintes de patients. Radié en février 2000 par le Conseil régional de l'ordre des médecins des Pays-de-la-Loire, le médecin devait pourtant être réintégré le 6 février 2002 par le Conseil national qui avait estimé possible l'hypothèse d'une cabale "engendrée par des rumeurs dont les plaignants seraient les instruments".
Photo d'ouverture : le praticien et sa femme sortant de la salle d'audience de la cour d'appel de Rennes - DR
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