Hôtel incendié : une femme en garde à vue

le 18 avril 2005 à 18h49 , mis à jour le 18 avril 2005 à 19h29

Une femme est actuellement entendue, à la suite d'une dénonciation anonyme, par les policiers qui enquêtent sur l'origine de l'incendie qui a ravagé la semaine dernière un hôtel parisien, rue de Provence. L'hypothèse accidentelle reste cependant privilégiée, et cette femme n'est pas considérée comme suspecte.

[Expiré] incendie paris hôtel

Une femme était en garde à vue lundi à la brigade criminelle, dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra, pour des "vérifications" sur son emploi du temps le soir des faits, a-t-on appris lundi de sources policière et judiciaire.

Cette femme, placée en garde à vue lundi matin à la suite d'une dénonciation anonyme, était une relation d'un veilleur de nuit de l'hôtel qui a été blessé lors de l'incendie dans la nuit de jeudi à vendredi. Les enquêteurs restaient prudents lundi après midi après cette dénonciation anonyme soulignant qu'il s'agit pour l'instant de "simples vérifications" et non d'un "rebondissement" susceptible d'orienter les investigations vers la piste d'un acte criminel qui n'avait pas été privilégié jusque là.

"Rien n'est exclu à ce stade"

Il s'agit de ne "rien laisser au hasard" dans une enquête qui s'avère longue et difficile, selon une source policière, précisant que "rien n'est exclu à ce stade" des investigations. Les policiers tentent de connaître avec précision le rôle et l'éventuelle présence sur les lieux de cette femme qui n'est pas considérée comme suspecte en l'état des avancées de l'enquête, toujours selon ces sources.

Lundi matin, la piste accidentelle était encore privilégiée par les policiers. Ces derniers ont recueilli depuis vendredi plusieurs témoignages, dont ceux des survivants ainsi que des gérants qui se défendent de tout manquement aux règles de sécurité et l'ont réitéré devant eux. Le gérant attitré de l'hôtel est, depuis 1991, Rachid Dekali, qui a notamment précisé à la police avoir été contrôlé à plusieurs reprises ces dernières années et "être aux normes". Les policiers travaillent en flagrance sous le contrôle du parquet qui a ouvert vendredi une enquête pour "homicides involontaires" afin de rechercher les causes de l'incendie qui a fait 22 morts, selon un dernier bilan.

Hommage aux victimes rue de Provence

Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes a eu lieu lundi après-midi sous les fenêtres de l'hôtel, pour une veillée de solidarité et d'hommage aux victimes, à l'appel d'un grand nombre d'associations et de syndicats - dont Droit au logement (DAL) ou la Coordination nationale des sans papiers. Le biologiste Albert Jacquard, le secrétaire général du Mrap Mouloud Aounit, l'ancien évêque d'Evreux Mgr Gaillot ou encore la porte-parole de Lutte ouvrière Arlette Laguiller étaient présents dans la foule, aux côtés de nombreux immigrés, pour certains sans papiers. Serrés les uns contre les autres dans l'étroite rue de Provence, les participants ont notamment réclamé "la réquisition des logements vides" ou "des papiers pour les sans papiers".

Photo d'ouverture : occupants de l'hôtel pris en charge par les pompiers, le jour de l'incendie - archives

le 18 avril 2005 à 18:49
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