Jean Paul II, "témoin d'un monde en basculement"

Par Matthieu DURAND, le 04 avril 2005 à 12h28 , mis à jour le 04 avril 2005 à 12h41

La presse française revient lundi sur le décès du pape, l'héritage contrasté qu'il laisse et la tâche qui attend son successeur. Florilège.

Le pape clôt le Jubilé de l'an 2000 © INTERNE

"Planète requiem". Le titre de Libération résume à lui seul "l’émotion universelle", selon les mots du Parisien/Aujourd’hui, suscitée par la mort de Jean Paul II. Nombreux sont les journaux à souligner, tel Le Courrier picard, que "le souffle de l'Histoire est passé sur le pontificat de Jean Paul II".

Et, au fil des articles et des éditoriaux, l’analyse laisse parfois place à l’hommage appuyé, comme ce "Grand merci" affiché par La Croix. Le Figaro chamboule ainsi sa maquette de Une : le quotidien s’ouvre sur une photo en pleine page de la dépouille du pape qui contraste avec la sobriété du titre, "L’adieu". S’en suivent 20 pages spéciales d’hommages, de témoignages et d’analyses sur celui qui, selon le journal, "apparaît déjà comme un géant du XXe siècle". La plume de certains journalistes semble même guidée ici ou là par un élan religieux, ou tout du moins spirituel. Ainsi, pour La Presse de la Manche, le souverain pontife "a achevé un long pèlerinage au service de ses frères pour les confirmer dans leur foi mais aussi pour servir l'Humanité".

"Lutteur céleste"

Selon Les Echos, "Le monde unanime salue l’héritage de Jean Paul II" parce qu’il était "le témoin d’un monde en basculement". Un témoin mais aussi un acteur engagé. "Inlassable défenseur des droits de l’homme" (Libération) et des "intérêts de son Eglise, en particulier, et de la religion en général" (Nice Matin), Jean Paul II s’est démarqué par son opposition à la guerre ainsi que sa critique du "collectivisme" et des "tares et excès du capitalisme" (La Tribune). "Jean Paul II avait des réponses qui ne suscitaient pas l’unanimité mais il posait des questions qui concernent l’humanité entière", poursuivent Les Echos.

Pour Nice Matin, "malgré toutes les apparences, Jean Paul II ne faisait pas de politique. Il ne conduisait pas de combat terrestre. Il était un lutteur céleste". A l’inverse, L’Humanité revient sur les "ombres et lumières d’un pape très politique". Le Courrier picard pointe par ailleurs "les travers désagréables du personnage. Et notamment sa propension à juger, et à méjuger aussi, ceux qui ne prenaient pas la même route que lui, ceux qui expérimentaient, la tête dans les étoiles, pour reculer les frontières de la Vie".

"Points de divergence"

"Pape de fer et ‘pope star’ tout à la fois, Karol Wojtyla a alterné changement et conservatisme, engagement dans le monde réel et défense réactionnaire du dogme", écrit Libération, qui qualifie Jean Paul II de "pape ultraconservateur" dont "l’immobilisme" reste le principal défaut. D’où un "décalage" et des "points de divergence entre le pape et ses fidèles (…) sur des questions comme la liberté des mœurs, le divorce, le nécessaire besoin de spiritualité", selon La Tribune, qui évoque également la "vision simpliste de l’économie".

"Faute de pouvoir le combattre autrement, certains le qualifièrent de conservateur", semble répondre Le Figaro. "Il le fut mais il fut aussi progressiste", défend le quotidien. Et d’avertir : "La tâche de son successeur apparaît déjà redoutable". "Pour éviter de succéder à ce ‘pape de combat’, prophétise La Tribune, (…) le Vatican aura du mal à éviter de choisir une personnalité plus conventionnelle."

photo : Jean Paul II en 2000 (archives TF1)

Par Matthieu DURAND le 04 avril 2005 à 12:28
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience