© AFP / JACK GUEZ Le Comité pour la mémoire de l'esclavage a proposé le 10 mai comme date de commémoration annuelle en métropole de l'abolition de l'esclavage, dans un rapport remis mardi à Jean-Pierre Raffarin. Cette commémoration devrait être dénommée "Journée des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions". Le comité, présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, préconise la mise en oeuvre de cette proposition dès cette année, soit le 10 mai 2005. Toutefois, à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre, Maryse Condé a indiqué que Jean-Pierre Raffarin prendrait sa décision en juin, après un comité interministériel sur ce sujet.
La date choisie correspond à l'adoption par le Parlement de la loi 2001 reconnaissant l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité, élaborée sous l'impulsion de la députée de Guyane Christiane Taubira. Ce choix était cependant loin de faire consensus au sein du comité. Il avait ainsi provoqué, la semaine dernière, la démission d'un de ses membres, Serge Romana, président du "Comité marche du 23 mai". Cette date du 23 mai correspondait pour sa part au jour de 1998 durant lequel plusieurs milliers d'Antillais et Réunionnais avaient manifesté silencieusement à Paris pour honorer la mémoire de leurs ancêtres esclaves.
Un pan d'histoire toujours ignoré ?
Soulignant en préambule du rapport qu'il "existe une forte attente, au-delà de tous les clivages, pour un acte symbolique fort et pour des actions concrètes" de l'Etat, le comité propose également "d'améliorer la connaissance de l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage dans les écoles" et de "favoriser la recherche". A cette fin, il recommande la création d'un "Centre national d'histoire et de mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions".
La création du comité découle de la loi du 21 mai 2001 qui a reconnu la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l'Humanité. Le rapport souligne à cet égard "que la très grande majorité de nos concitoyens du monde issu de l'esclavage sont convaincus que, malgré la loi du 21 mai 2001, l'histoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions continue d'être largement ignorée, négligée, marginalisée. Ces concitoyens perçoivent cet état de fait comme un déni de leur propre existence et de leur intégration dans la République", souligne-t-il.
Photo d'ouverture : temise du rapport du Comité pour la mémoire de l'esclavage à Jean-Pierre Raffarin - AFP / JACK GUEZ
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