© TF1Le mouvement lycéen, après plus de deux mois de mobilisation, se trouve maintenant confronté à la nécessité de sortir "tête haute" d'un conflit qui s'effiloche alors même que la loi Fillon a été votée, que les vacances de printemps ont démarré et que le bac se profile début juin.
On est loin, ces dernières semaines, des grandes journées nationales de manifestations appelées par les deux syndicats lycéens, Fidl et UNL, qui virent jusqu'à 165.000 jeunes battre le pavé en mars mais qui furent parfois marquées par des violences et des agressions contre les lycéens. Les manifestations actuelles sont sporadiques, "spontanées" et ne rassemblent que quelques centaines de lycéens.
"Envie commune" de sortir du conflit
Les "blocages" de lycées, initiés début avril par une Coordination plus informelle et plus radicalisée que les syndicats constitués, sont également fluctuants. Il y en a eu une centaine, le 7 avril, pour une journée nationale de blocages soutenue par la Fidl mais non par l'UNL. Depuis, il ne reste que quelques points de fixation. Mais le "dernier carré" se montre souvent virulent et les forces de l'ordre interviennent, parfois de façon musclée.
Le ministre de l'Education nationale François Fillon avait d'ailleurs prévenu: "J'ai donné des instructions fermes et précises aux recteurs et aux préfets, chaque blocage donnera lieu à une intervention". Mardi soir, recevant les responsables de la Fidl et de l'UNL, pour la première fois depuis un mois, il a d'ailleurs réitéré: "Je n'accepterai pas qu'une minorité exerce la violence et la contrainte sur une majorité voulant travailler".
Cette rencontre devait constituer une façon de sortir du conflit et, à la sortie, les participants en exprimaient l'"envie commune". "Tout le monde peut sortir de la crise en respectant la légalité", a déclaré le ministre qui a ajouté ne pas être inquiet pour la fin de l'année ni pour le bac, sachant que ses interlocuteurs étaient "responsables".
"Coup d'épée dans l'eau"
Le ministre a annoncé d'emblée aux lycéens qu'on ne saurait revenir sur la loi, "loi votée, loi de la République". Les syndicats lycéens d'ailleurs ne réclament plus formellement son abrogation, avançant maintenant des revendications portant sur les moyens de la réussite scolaire. M. Fillon, qui leur a proposé de nouvelles rencontres de travail pour la semaine prochaine, a rappelé à ce propos sa décision de mise en place d'assistants pédagogiques dans les lycées.
Mardi soir, les deux syndicats lycéens s'étaient déclarés satisfaits de voir le dialogue s'amorcer. Toutefois, si mercredi la Fidl persiste à se féliciter d'une "ouverture" et de "propositions intéressantes sur le principe", l'UNL a changé de ton. "Ce fut un coup d'épée dans l'eau", a-t-elle affirmé dans un communiqué, ajoutant même que "le ministre ne constitue plus un interlocuteur valable" et "en appelant au chef du gouvernement".
Reste à savoir s'il s'agit seulement d'un refus de reconnaître que le mouvement doit cesser ou d'un réel refus d'abdiquer. De toutes façons, le tiers de la France est en vacances de printemps depuis le 9 avril, une autre zone sera en congé à la fin de la semaine et l'Ile-de-France le 23 avril. Et enfin, l'approche du bac, dont la session commence le 9 juin, devrait calmer beaucoup d'ardeurs.
(Image d'archives/TF1)
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