Le non creuse l'écart

le 02 avril 2005 à 18h00 , mis à jour le 02 avril 2005 à 19h31

Selon un sondage Ifop réalisé pour le JDD, 55% des Français envisagent de voter non au traité constitutionnel européen. La dernière enquête Ifop pour Paris-Match donnait le non vainqueur à 53%. Intervenant lors des 4èmes Entretiens européens d'Epernay, Claudie Haigneré a estimé que "les Européens attendent un signal positif de la France".

livre constitution ue

C'est la sixième enquête consécutive à donner le non vainqueur depuis la mi-mars. Et loin de se réduire, l'écart tend à s'accroître : 55% des Français comptent voter non au référendum sur la Constitution européenne, contre 45% qui ont l'intention de voter oui, selon un sondage Ifop-Journal du Dimanche. Le précédent sondage réalisé par l'Ifop, le 24 mars pour Paris-Match, donnait une majorité de 53% pour le non contre 47% pour le oui. Toujours selon cette nouvelle enquête, 63% des personnes interrogées se déclarent "sûres de leur choix" (62% des partisans du oui, 64% des partisans du non), contre 37% qui disent "pouvoir encore changer d'avis".

Un contexte de vigueur persistante du non qui pèse largement sur le débat pré-référendum, comme on a pu le voir samedi aux 4èmes Entretiens européens d'Epernay, présidés par l'ancien médiateur de la République Bernard Stasi. Alors que les partisans du non débattent déjà des conséquences d'un rejet de la constitution européenne le 29 mai, les partisans du oui brandissent de plus en plus le risque d'une crise. Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen, a ainsi affirmé samedi que "si la Constitution européenne n'est pas adoptée, ce sera une chance pour le débat en Europe". Selon lui, "le non français sera une étape, le début d'un débat". En cas de victoire du non, "l'Europe n'est pas en cause, le couple franco-allemand non plus", a-t-il déclaré, mais "Jacques Chirac devra se baser sur le non pour faire des propositions" en vue d'un nouveau texte, pour une "réorientation de l'Europe".

"Pas une tendance lourde"

La ministre déléguée aux Affaires européennes Claudie Haigneré a estimé pour sa part que "les Européens attendent un signal positif de la France". Et selon elle, "un non au traité de la Constitution européenne marquerait, non pas un chaos, mais un recul, une paralysie. Avons-nous les moyens de prendre les risques d'une telle crise? Non, je ne crois pas".

Dans un autre registre, et à une autre tribune, le ministre délégué à la Recherche, François d'Aubert, affirme dans une interview au journal Le Monde que la poussée du non ne constitue "pas une tendance lourde", mais traduit "une réaction à fleur de peau" de l'électorat. Pour lui, l'élargissement de l'Union européenne à 25 pays a "probablement" été mal expliqué et "présenté, à tort, comme une addition de populations nouvelles." Et d'ajouter : "le oui vaut une vraie campagne d'explication, capable d'apaiser la mauvaise humeur de certaines catégories de Français".

le 02 avril 2005 à 18:00
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