"Le non est une tendance lourde"

le 09 avril 2005 à 19h01 , mis à jour le 09 avril 2005 à 19h39

"La France d'en bas commence à en avoir assez de s'appauvrir, elle va prendre sa revanche" : c'est en annonçant ainsi la victoire du "non" que Jean-Marie Le Pen a lancé samedi sa campagne pour le référendum du 29 mai.

le pen campagne referendum © DR

Jean-Marie Le Pen a lancé, samedi à Strasbourg, la campagne nationale de son parti en prophétisant la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne et en dénonçant l'ensemble de la construction de l'Europe. "La France d'en bas commence à en avoir assez de s'appauvrir, elle va prendre sa revanche sans bruit mais le résultat du référendum va éclater comme une bombe, le soir du 29 mai", a estimé le président du Front National pour qui "le non est une tendance lourde".

"Le (camp du) oui va payer le 21 avril (2002, lorsque Jean-Marie Le Pen avait atteint le 2ème tour de la présidentielle) : le 29 mai, ça va être le boomerang du 21 avril", a déclaré le leader du FN devant ses élus réunis en convention. Ironisant sur la relative absence de son parti dans la campagne nationale du référendum à ce stade, Jean-Marie Le Pen a annoncé pour le 1er mai, date du traditionnel défilé du FN pour la fête de Jeanne d'Arc, la tenue du "plus grand meeting du non", place de l'Opéra à Paris. "Nous allons placer le débat sur l'adoption de la Constitution sur son terrain qui, selon moi, n'est pas économique et social mais national", a-t-il annoncé, avec comme slogan "Pour la France avec Jeanne, celle qui a dit non". "Nous allons être les seuls sur ce terrain là: à se demander si les poilus de Verdun ou si les résistants de 1944 luttaient pour améliorer les circuits économiques européens, si c'est pour cela qu'ils ont donné leur vie".

Le "collaborationnisme" au Parlement européen

Se targuant d'"être un des rares survivants des gens qui n'ont pas voté le traité de Rome" en 1957, Le Pen a aussi dénoncé l'ensemble de la construction européenne. "Cinquante ans après, il n'y a plus de mines, plus de fonderie, plus de sidérurgie et quasiment plus de métallurgie en Europe (...), tandis que se déploie le cortège funèbre des corps de métiers disparus, derrière lequel se distingue la misère d'ouvriers sans emplois, de cinquantenaires impossibles à reconvertir, de jeunes sans perspective", a-t-il affirmé. "Le marché commun, mis en place en 1958, pouvait à la rigueur être utile, s'il avait été conçu comme un espace commercial protégé" et "littéralement, la France s'est ouverte à tous les vents de la mondialisation démographique, commerciale et financière", a-t-il estimé.

Au passage, Le Pen a stigmatisé le "collaborationnisme" au Parlement européen "où un certain nombre de gens se piquent de faire leurs discours non pas dans leur langue nationale mais en anglais". Pour lui, "il faudra bien en revenir à la forme la plus performante, la plus efficace de défense des intérêts des citoyens, c'est la nation". Mais, interrogé sur la nécessité ou non pour la France de sortir de l'Union européenne en cas de victoire du non, il a éludé: "Est-ce que l'Ukraine a eu besoin de sortir de l'URSS? Non (...)". "Nous sommes liés par des traités, puisque cette constitution est la synthèse des traités précédents, si le non l'emporte, il conviendra de dégager une autre forme de collaboration", a-t-il néanmoins déclaré.

Photo d'ouverture : Jean-Marie Le Pen, samedi, face aux journalistes à Strasbourg - DR

le 09 avril 2005 à 19:01
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