Paris-Opéra : une femme mise en examen

le 19 avril 2005 à 09h37 , mis à jour le 19 avril 2005 à 23h34

La femme placée en garde à vue lundi, et qui a avoué être l'auteur "involontaire" de l'incendie de l'hôtel de la rue de Provence, a été mise en examen mardi soir et écrouée. Le drame avait fait 24 morts vendredi.

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La femme qui a avoué être l'auteur "involontaire" de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra, au cours duquel 24 personnes sont mortes vendredi, selon le dernier bilan du parquet, a été mise en examen mardi soir pour "incendie causé involontairement, homicides et blessures involontaires". Conformément aux réquisitions du parquet, elle a ensuite été écrouée, une décision justifiée pour sa propre protection et en raison d'un "possible trouble à l'ordre public" si elle avait été laissée en liberté.

Agée de 31 ans, la jeune femme venait souvent passer la nuit dans cet hôtel, et le couple dormait au 1er étage, selon une source policière. La nuit, les deux jeunes gens avaient coutume d'allumer des bougies, a raconté la jeune femme aux policiers de la brigade criminelle. Le soir des faits, ils se sont un peu disputés, le jeune homme est descendu à la réception de l'hôtel et la jeune femme, en colère, est partie de l'hôtel en jetant l'un des vêtements de son ami. Le vêtement s'est vraisemblablement enflammé sur une bougie sans que la jeune femme se rende compte de l'incendie, auquel elle n'aurait pas assisté, selon cette même source. Elle aurait ensuite tenté de dissimuler cette querelle et sa part de responsabilité "involontaire", selon cette source policière.

"Si j'étais restée, j'y serais passée"

Cette jeune femme avait fait l'objet d'une dénonciation anonyme. Interpellée lundi, elle avait été placée en garde à vue. Elle est passée aux aveux dans la nuit de lundi à mardi. Depuis vendredi, jour de l'ouverture par le parquet d'une enquête pour "homicides involontaires", les enquêteurs ont recueilli plusieurs témoignages, dont ceux des survivants ainsi que des gérants qui se défendent de tout manquement aux règles de sécurité.

La femme, auteur présumé de l'incendie, avait exprimé son désarroi dès samedi, au lendemain du drame, à la soeur de son ami Nabil, le fils des gérants de l'établissement, a expliqué celle-ci, contactée par l'Agence France-Presse. "Samedi, je l'ai eue au téléphone. Elle m'a dit : J'ai dîné à l'hôtel et je suis partie", a rapporté Ryma Dekali lors d'un entretien téléphonique. "Ensuite, je l'ai vue et elle a éclaté en sanglots. Elle m'a expliqué qu'elle était là (à l'hôtel avant le drame) et a ajouté : Si j'étais restée, j'y serais passée moi aussi. Je n'ai pas trouvé ça très cohérent. Mais vu les circonstances, c'était possible de ne pas être cohérent", a ajouté Ryma Dekali qui a précisé "ne pas connaître plus que ça" l'amie de son frère.

Photo d'ouverture : les traces de l'incendie restent visibles sur la façade de l'hôtel - DR

le 19 avril 2005 à 09:37
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