© INTERNEPatrice, la seule victime majeure du procès de pédophilie d'Angers, est venu jeudi décrire à la barre les agressions sexuelles sur plusieurs enfants dont il a affirmé avoir été témoin, mais jamais victime.
Cheveux ras, pull bleu clair, le jeune homme qui a eu dix-huit ans le mois dernier, a témoigné pendant une heure, avant de quitter la salle précipitamment, lorsque le président lui a demandé de se reconnaître sur une photo. "J'arrête, j'en ai marre", a-t-il déclaré, avant de quitter la salle avec son éducatrice, provoquant des réactions d'enervement chez les accusés qu'il venait de mettre en cause et leurs avocats qui souhaitaient l'interroger. "Il est partie civile, il n'est pas obligé de répondre", a souligné son avocate. "Avez-vous été victime d'abus sexuels de quelqu'un dans cette salle?", lui avait demandé le président Eric Maréchal. "Non", a-t-il dit. "Vous en êtes sûr?" "Oui", a assuré Patrice, qui a paru très anxieux et inhibé.
Son éducatrice a évoqué un garçon angoissé, qui avait à son arrivée au foyer des symptômes "d'une grande souffrance, d'un réel traumatisme", comme l'encoprésie (défécation involontaire), l'énurésie, l'absentéisme scolaire, les troubles du sommeil, la somatisation, et plus tardivement, des "comportements révélant une grande détresse", comme des vols d'argent.
"Je ne me rappelle pas"
Le jeune homme a mis en cause à l'audience plusieurs des 66 accusés, affirmant avoir vu plusieurs scènes d'agressions sexuelles chez Franck, l'un des principaux accusés, où ses parents le laissaient en garde. Franck et plusieurs autres accusés "pénétraient les enfants avec leur sexe", "et avec la main", a affirmé Patrice expliquant que lui-même regardait, "assis sur une chaise".
Le témoin, qui a refusé de se retourner pour regarder les accusés dans la salle, a également accusé plusieurs femmes, dont notamment Patricia, l'ex-femme de Franck qui aurait selon lui abusé de plusieurs enfants en les caressant, et Marie-Laure, qui "regardait". Il a affirmé que ses parents, également accusés au procès, n'avaient pas participé aux scènes décrites.
Identifiant plusieurs accusés sur photos, il est revenu sur certaines accusations qu'il avait faites devant le juge d'instruction, faisant également de nouvelles accusations, ponctuant plusieurs réponses de "je ne me rappelle pas". Globalement, il est apparu souvent incohérent et imprécis et notamment sur la période où ces scènes avaient lieu, qu'il situe avant 1998, mais selon un psychologue, "on ne pouvait pas attendre de précisions sur des faits anciens de la part d'un sujet qui a pu subir ou constater des agressions sexuelles".
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