
Le président du Front national a estimé dimanche au grand jury RTL/Le Monde/LCI que le référendum du 29 mai sur le traité constitutionnel européen serait "la revanche du 5 mai 2002", date de la réélection de Jacques Chirac. "Je pense (...) que les gens qui ont porté 'Supermenteur' et 'Supervoleur' à la présidence de la République, avec 82% des voix, se sont mordu les doigts depuis et vont changer", a affirmé Jean-Marie Le Pen, présent au second tour de la présidentielle en 2002 face à Jacques Chirac. Selon lui, "le peuple souverain va dire non, et je pense qu'il va le dire de façon inespérée".
Interrogé pour savoir si cela ouvrirait "une grande crise", le dirigeant du parti d'extrême droite a répondu : "C'est évident, et heureusement !". Dans ce cas, c'est une remise en cause "complète de toute la construction européenne". "C'est le processus qui a été suivi depuis vingt ans qui est remis en cause (...), a ajouté Le Pen. Ça va donner un signal, la France va débloquer la situation, elle joue encore un rôle important et elle jouera encore demain un rôle important dans le monde". Pour le président du Front national, "si par malheur, cet édifice juridique et politique (celui du traité soumis à ratification) était admis, ce serait la fin de la France, la fin de la République française, la fin de l'Histoire, ce serait un bouleversement sans précédent comme jamais il ne s'en est produit dans l'histoire du monde".
"Nous nous réservons pour la ligne droite"
Interrogé sur sa discrétion depuis le début de la campagne, le leader du FN a déclaré : "Le meilleur vin, en Alsace, c'est celui de la vendange tardive. J'espère que ce sera la même chose pour cette campagne, nous nous réservons un peu pour la ligne droite, là où en principe devrait se faire l'écart". "Je le crois largement établi mais l'objectif est de le creuser", a-t-il ajouté.
Le président du Front national a ainsi promis pour le 1er mai, place de l'Opéra à Paris, "le plus grand meeting national du non". "J'espère au moins 20.000 personnes", a-t-il précisé. Sans se poser explicitement en chef du non - "je n'ai pas dit que je voulais prendre la tête du non", a-t-il affirmé -, il s'est prévalu d'être "le plus ancien dans le grade le plus élevé". "Je ne sais pas combien pèse le bataillon de M. (Laurent) Fabius mais je sais combien pèse le bataillon de M. Le Pen", a-t-il lancé.
Photo d'ouverture : Jean-Marie Le Pen invité dimanche du Grand jury RTL/Le Monde/LCI - DR
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