Plus de dérapages policiers en 2004

le 17 avril 2005 à 15h17 , mis à jour le 18 avril 2005 à 22h23

Le rapport annuel de la Commission nationale de déontologie de la sécurité fait état d'une nette augmentation des incidents mettant en cause des policiers entre 2003 et 2004. Il survient quelques jours après la publication des chiffres de l'Inspection générale de la Police nationale, qui montraient une même tendance à la hausse.

detenu et policiers de dos

Les incidents signalés à la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), notamment ceux mettant en cause des policiers, ont augmenté de 38% en 2004, selon le rapport annuel de cet organisme indépendant. La commission chargée de veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité (police, gendarmerie, gardiens de prison...) a été saisie de 97 affaires (contre 70 en 2003), dont plus de la moitié concerne la police nationale (59 contre 43). Elle est essentiellement saisie par des parlementaires.

La plupart des plaintes contre les policiers ont pour origine les conditions d'interpellation, de contrôle d'identité, de garde à vue, qui donnent lieu dans certains cas à des "mesures de contrainte" disproportionnées ou à des violences. La commission a noté en 2004 une augmentation des affaires ayant pour origine une infraction contestée au code de la route qui ont dégénéré et donné lieu à une "escalade de la répression" (procédure d'outrage, conduite au commissariat).

Plus de cas de discriminations raciales

Parmi les "violences inadmissibles" examinées en 2004, la commission rapporte le cas de policiers en état d'ivresse qui ont frappé un Turc "à coups de matraques, de poing, de pieds, en tenant des propos racistes". La commission a par ailleurs effectué une première étude sur la part des discriminations raciales dans les manquements à la déontologie de la part des policiers, portant sur les années 2001-2004, qui montre une augmentation : 15 cas en 2004 contre 1 en 2001 pour un total de 36 affaires où une discrimination a été mise en évidence sur les 4 ans. Les plaignants sont avant tout "des jeunes issus de l'immigration maghrébine, interpellés dans les banlieues défavorisées de la région parisienne", selon la Commission.

La discrimination raciale est ainsi en cause dans un tiers des dérapages policiers en 2004. Cette augmentation reflète "une plus grande sensibilité à cette question, une meilleure possibilité de saisine de la commission et un contexte qui favorise ces discriminations", a souligné l'auteur du rapport, membre de la commission et chercheuse au CNRS, Catherine Wihtol de Wenden, lors d'une conférence de presse. Elle a mis en cause un manque de formation des policiers impliqués, "dont l'âge moyen est de 25 ans et qui ne connaissent les quartiers que par la télévision".

Début avril, un rapport d'Amnesty international très critique avait dénoncé une "impunité des policiers auteurs de violences". Et mardi dernier, le directeur de l'Inspection générale de la Police nationale (la police des polices), tout en stigmatisant la "méthode très contestable et caricaturale" d'Amnesty international, avait reconnu une hausse de 18,49 % des accusations de violences policières en 2004 par rapport à l'année précédente, avec 724 "violences alléguées". Selon lui, en moyenne, "entre 18 et 20 % de ces violences alléguées sont avérées chaque année".

Photo d'ouverture : archives

le 17 avril 2005 à 15:17
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