
Pour le quotidien Libération, qui titre en Une "Un pape en arrière", la rapidité de l'élection du 265ème pape de la chrétienté montre que "la candidature du chef de file conservateur s'est imposée sans mal". "Il faut y voir un élan d'adhésion à l'héritage du pape précédent", estime le journal. Le Figaro, qui affiche en Une la photo pleine page de Benoît XVI et consacre un dossier spécial de six pages à cette élection, voit dans la nomination de Joseph Ratzinger, 78 ans, "le sacre de la fidélité" à Jean Paul II. "On ne voit pas ce qui permet de nourrir pour autant le procès en conservatisme que bien des observateurs lui ouvrent dès maintenant. D'autant - et Jean-Paul II fut en butte aux mêmes accusations - que ce qui est contesté en quelques endroits du globe, notamment en Europe occidentale, est approuvé en d'autres", note le quotidien. "Quitte à décevoir les impatients, il faut admettre qu'il est trop tôt pour savoir ce que sera la doctrine de Benoît XVI", reconnaît le Figaro.
"Gardien intrangeant du dogme"
La Croix, qui publie une carte des catholiques dans le monde, souligne dans son éditorial que "certains catholiques, mais aussi d'autres chrétiens, et des croyants d'autres religions, vont craindre pour les avancées de Jean Paul II". Pourtant selon le journal catholique, "voici un pape allemand qui se situe d'emblée dans la postérité de Benoît XV, l'artisan le plus ardent de la paix au moment où éclatait la Première Guerre mondiale". Les deux journaux populaires, France Soir et Aujourd'hui en France/Le Parisien - qui font aussi leur Une avec des photos couleur de Benoît XVI - ainsi que le journal économique Les Echos, insistent sur les origines allemandes et les positions conservatrices du nouveau pape, "gardien intransigeant du dogme (qui) inquiète les progressistes de l'Eglise", selon Les Echos. Plus préoccupé par le sort de journalistes algériens condamnés à la prison, L'Humanité ne consacre qu'un bandeau en première page à l'élection du pape, rappelant aussi que "l'Eglise choisit un pape conservateur".
"Le pontife de la continuité"
La presse régionale, même si elle affiche une certaine neutralité dans ses titres sur l'élection de Benoît XVI, s'interroge sur la personnalité et les objectifs du successeur de Jean Paul II. Pour les Dernières nouvelles d'Alsace, "les catholiques français les plus modernistes peuvent légitimement redouter un verrouillage conservateur au moment même où ils attendaient un assouplissement. Quant à la laïcité de la 'fille aînée de l'Eglise', elle a été ouvertement critiquée par le nouveau pape, à l'occasion du vote de la loi sur les symboles religieux." Dans son éditorial, L'Est Républicain souligne qu'"après la puissance morale de Jean Paul II dont la flamme brille désormais dans la nuit de l'Histoire, Benoît XVI se présente comme le pontife de la continuité, tenu de réussir l'association entre ce qui a été et ce qui sera".
"Pape de transition"
"Toux ceux qui espéraient une ouverture du Vatican sur les questions de société ancrées dans la vie actuelle - contraception, divorce, homosexualité, place de la femme - ont vu hier se fermer les portes de leurs illusions", constate pour sa part L'Indépendant du Midi. Enfin, Le Télégramme affiche un certain optimisme dans son éditorial car selon le quotidien breton, "présenté comme un pape de transition, promis à un pontificat court, Benoît XVI va devoir prouver qu'il est capable de réconcilier une Eglise écartelée entre les progressistes et les traditionalistes et de ramener au bercail des fidèles, déboussolés par certaines des positions les plus dures de Jean Paul II."
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