Jean-Pierre Raffarin, lundi au meeting d'Antibes-Juan-les-Pins © DRDepuis Antibes, où il participait à un meeting consacré au référendum sur la constitution européenne, Jean-Pierre Raffarin a donné ce lundi le signal de la contre-offensive du oui. Le Premier ministre a appelé les Français à ne pas exprimer "un choix de légèreté" et a mis en garde contre une victoire du non qui "casserait", selon lui, la "maison Europe". Et de prévenir : "la construction européenne, nous devons la mener à son terme. Il ne faut pas faire croire demain matin qu'une autre Europe est possible". Or, "quand on pense au monde et à ses déséquilibres, on voit qu'il y a une urgence d'Europe. Quand on pense à l'Europe, on voit que le oui français ne doit pas être un oui frileux, ne doit pas être un oui inquiet".
Cette contre-attaque va s'étaler tout au long de la semaine. De nombreuses réunions publiques sont également annoncées : le premier secrétaire du PS François Hollande sera mercredi à Bayonne et jeudi à Montluçon, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy sera jeudi à Béziers, et le président de l'UDF François Bayrou lundi à Nîmes, mercredi à Rouen et jeudi à Lyon. Mercredi à Montbéliard, Verts et socialistes se retrouveront autour de Pierre Moscovici et Daniel Cohn-Bendit tandis qu'Elisabeth Guigou ira jeudi porter le oui dans les Landes, fief d'Henri Emmanuelli, farouche partisan du non.
Point culminant de cette offensive du oui, Jacques Chirac va s'impliquer directement dans la campagne en se livrant, jeudi soir sur TF1, à un long échange avec 80 jeunes. Repoussé d'une semaine en raison des obsèques du pape Jean Paul II, ce débat intitulé "Référendum : en direct avec le président" est très attendu car il constitue la première intervention publique du chef de l'Etat qui, pendant deux heures environ, va tenter d'inverser la tendance exprimée dans les enquêtes d'opinion.
Les défenseurs du non dopés par les sondages
L'émission intervient alors que depuis la mi-mars, une dizaine de sondages donnent le non gagnant (entre 51 à 55%) au référendum du 29 mai en dépit de l'entrée en campagne de Jean-Pierre Raffarin et de ses ministres et des autres principaux partisans du oui. L'implication personnelle de Jacques Chirac se situe cependant dans un contexte politique où la popularité du couple exécutif est orientée à la baisse, comme l'illustre la dernière enquête Louis Harris créditant Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin de respectivement 42% et 28% d'opinions positives.
En face, encouragés par les sondages, les défenseurs du non continuent à développer leurs arguments : la porte-parole de Lutte Ouvrière Arlette Laguiller sera lundi à Clermont-Ferrand, tandis que le PCF organise un meeting jeudi à Paris avec sa secrétaire nationale Marie-George Buffet. Jean-Luc Mélenchon (PS), Olivier Besancenot (LCR) et José Bové (Confédération paysanne) doivent y prendre la parole. Le président du RPF Charles Pasqua tiendra une réunion publique vendredi à Paris, tandis que Marc Dolez, député PS du Nord, fera tréteaux communs avec un dirigeant trotskiste, le secrétaire national du Parti des Travailleurs Daniel Gluckstein, samedi à Paris.
Photo d'ouverture : Jean-Pierre Raffarin, lundi au meeting d'Antibes-Juan-les-Pins - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...



