
Crise ou pas crise au gouvernement ? "Pas de crise", a répondu fermement Jean-Pierre Raffarin mardi matin sur RTL. Les déclarations de Dominique de Villepin dimanche sur une inflexion politique après le référendum ont donné lieu à "une mise au point" lundi selon le chef du gouvernement qui estime que son ministre de l'Intérieur a "dérapé" ajoutant que "cela arrive souvent quand on veut aller trop vite". "Je l'ai recadré, l'incident est clos" a affirmé le Premier ministre appelant à se mettre "au travail".
Jean-Pierre Raffarin a également profité de son intervention radiophonique pour préciser qu'il est "évident qu'il a la confiance du président de la République" et que cette confiance "ne saurait passer par un intermédiaire". Et à la question de savoir si Dominique de Villepin avait parlé sur "commande" de l'Elysée, le Premier ministre a assuré que "les commandes, c'était lui qui les passait". "J'ai passé récemment une commande à Dominique de Villepin pour une politique de l'immigration. J'attends son rapport pour le début du mois de mai", a-t-il poursuivi.
"Je prends beaucoup de coups, j'encaisse mais je concentre mes forces sur l'essentiel, a déclaré Jean-Pierre Raffarin qui affirme ne pas se sentir "humilié car je n'ai pas l'ego hypertrophié. Je suis un homme normal, loyal, d'union, je n'attaque jamais, je fais en sorte que tout le monde travaille ensemble".
"Relax mais attentif"
Sur le fond des propos du ministre de l'Intérieur, le chef du gouvernement s'est déclaré en accord avec Dominique de Villepin. Il a admis qu'"après une période de réformes intenses et difficiles, il faudra une impulsion du gouvernement pour une politique plus harmonieuse avec la société", laissant entendre qu'il pourrait bien rester à Matignon pour mener à bien cette nouvelle politique. Il a promis notamment "une action nouvelle" pour lutter contre les délocalisations. "Les problèmes des Français sont plus graves aujourd'hui que les humeurs des ministres. Moi je veux m'occuper des problèmes des Français. Comme ils sont graves, il faudra une impulsion nouvelle", a-t-il dit.
Participant, plus tard dans la journée, à un "chat" avec des internautes sur l'Europe, le Premier ministre a tenu enfin à prendre un peu plus de hauteur par rapport aux spéculations sur son départ et aux tensions avec son ministre de l'Intérieur. "Mon sort personnel est entre les mains du président de la République et malgré tout, je suis relax mais attentif aux protestations", a dit Jean-Pierre Raffarin. Le 29 mai ne constitue "pas une échéance de politique intérieure, le président l'a dit. Les échéances viendront plus tard (...) Je ne suis pas quelqu'un qui s'accroche et j'envisage toutes les hypothèses sereinement".
Lundi soir, le ministre de l'Intérieur, a assuré que ses propos de dimanche ne devaient pas être interprétés comme une "affaire d'homme, mais d'exigence démocratique" face aux problèmes des Français. "Il est indispensable de ne pas mélanger les genres. Et pour ne pas mélanger les genres il faut répondre aux questions qui se posent", a déclaré M. de Villepin lors d'un débat sur l'Europe organisé par le journal Le Monde au Théâtre du Rond-Point à Paris. (lire l'article Villepin s'explique)
(Photo : Jean-Pierre Raffarin dans le studio de RTL mardi matin)
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