© INTERNEDès l'ouverture du procès, le président de la cour d'assises a prononcé le huis-clos total, à la demande des parties civiles. Agés de 47 à 58 ans, les accusés, parmi lesquels un ancien gendarme de Saône-et-Loire, un antiquaire lyonnais, un directeur commercial de la Loire, un comptable et un restaurateur patron de club échangiste de la Somme, sont accusés de viols en réunion avec tortures ou actes de barbarie, ou complicité de viols, sur trois femmes entre 1996 et 2001.
L'affaire a débuté en septembre 2001, lorsque l'épouse d'un antiquaire lyonnais de 56 ans, Jean-Alain Richeboeuf, a porté plainte contre lui. La jeune femme, qui voulait divorcer car son mari la forçait à avoir des relations échangistes, affirmait qu'il l'avait livrée à un "dresseur de femmes" pour l'en dissuader. Quatre jours durant, elle avait été séquestrée et menacée par Christian Degruel, un directeur commercial de 57 ans, dans sa maison de Chazelles-sur-Lavieu (Loire). Attachée au plafond, fouettée, la jeune femme de 33 ans avait subi divers sévices sexuels, filmés par Denis Coudert, un comptable de 49 ans.
Des dizaines de vidéos
Les cassettes vidéo de ces scènes, ainsi qu'un impressionnant arsenal sado-masochiste, ont été retrouvés par les enquêteurs aux domiciles des accusés. Parmi ces objets, un livre intitulé "tortures et raffinements". Mais aussi des dizaines de vidéos montrant une femme blonde, violée sous l'emprise de psychotropes. Partie civile, la jeune femme de 28 ans avait reconnu avoir accepté quelques rencontres sado-masochistes "soft", pour "rendre service" à Christian Degruel qui l'employait. Elle avait raconté avoir été malade à plusieurs reprises en buvant un jus d'orange lors de soirées dont elle avait perdu tout souvenir.
Troisième partie civile, l'ex-compagne de Richeboeuf qui l'accuse de l'avoir attirée sous la menace dans un guet-apens en 1998, au cours duquel il l'a violée avec un de ses amis, le gendarme Serge Schwartz, 47 ans. Le visage émacié derrière ses lunettes, Jean-Alain Richeboeuf a écouté, impassible, la lecture de l'acte d'accusation. Corpulent, le cheveu poivre et sel, Christian Degruel, lui, levait les yeux au ciel. "On est dans un contexte de violence propre au sado-masochisme où parfois une attitude de refus équivaut à une attitude positive. Toute la difficulté de ce dossier est de savoir si elles (les femmes) sont passées d'un stade de consentement à un stade non consenti", confiait un avocat de la défense à la sortie de l'audience. Mais pour les parties civiles, "il n'y a pas d'équivoque". "On ne peut pas mélanger ce qui est viol et le reste, qui sont des relations entre adultes consentants", a assuré Me Nathalie Caron.
Le procès devrait se dérouler jusqu'au 15 avril.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





