
Les résultats de l'expertise balistique sur les balles qui ont abattu le banquier français Edouard Stern confirment les dires de la meurtrière présumée, Cécile Brossard. C'est ce qu'a annoncé jeudi Michel-Alexandre Graber, le juge d'instruction chargé de l'enquête qui a levé l'interdiction pour les avocats de consulter le dossier.
Le juge affirme par ailleurs avoir connaissance depuis quelques semaines d'éléments concernant la vie d'Edouard Stern et qui ont été révélés jeudi dans la presse française. Ils font état d'un enfant, que le financier a eu avec une ancienne compagne et qu'il n'a pas reconnu. Cet enfant est mort dans des circonstances dramatiques. Selon l'hebdomadaire français le Nouvel Observateur, la mort du bébé et l'assassinat du banquier pourraient être liés, Cécile Brossard ayant pu faire chanter Edouard Stern en affirmant détenir des informations sur ce drame.
Tué de 4 balles
Michel-Alexandre Graber a rappelé à ce propos que la justice française avait conclu à un non-lieu dans cette affaire et n'avait pas confirmé cette thèse du chantage. "Je ne peux pas exclure que je ne prendrai pas cet élément en compte au cours de l'instruction", s'est-il contenté de dire.
Edouard Stern, ex-gendre et dauphin du patron de la banque Lazard, a été tué le 28 février à son domicile de Genève. Sa maîtresse, Cécile Brossard, a été arrêtée deux semaines plus tard par la police suisse. Elle a avoué avoir tué son amant de quatre balles, dont deux dans la tête.
Crime passionnel ?
Le 22 mars, la Chambre d'accusation de Genève a prolongé de trois mois la détention de Cécile Brossard. Le juge Graber a reconnu fin mars qu'en dépit des aveux de Cécile Brossard, il restait au moins deux "zones d'ombre" dans cette affaire: le mobile du crime et l'emploi du temps de l'inculpée juste après les faits.
Selon l'enquête, les amants étaient en délicatesse à propos d'une "donation" en janvier dernier d'un million de dollars faite par Edouard Stern à Cécile Brossard, somme qu'il a fait bloquer quelques jours plus tard par voie de justice. Le financier avait alors fait valoir que Cécile Brossard l'avait trompé dans une transaction portant sur des tableaux de maître qu'elle devait lui vendre et qu'elle n'avait pas. La défense de Cécile Brossard affirme que le versement correspondait en fait à un don sans contrepartie, et plaide le crime passionnel, une thèse que réfute l'avocat de la famille Stern.
(Edouard Stern/DR)
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