© INTERNEJusqu'au dernier moment, ils ont tenté de trouver un accord. En vain. Résultat : Bernard Tapie et les représentants de l'Etat en charge de l'affaire de la cession par le Crédit Lyonnais du groupe Adidas au début des années 1990, se retrouveront face-à-face, à partir du 8 juin prochain, devant la cour d'appel de Paris.
Le médiateur Jean-François Burgelin, ancien procureur général près la Cour de cassation, n'a pas été en mesure de présenter son rapport devant la troisième chambre de la Cour d'appel de Paris qui, le 12 novembre 2004, avait alloué un délai de trois mois aux parties pour trouver un accord, une période prolongée ensuite dans le courant du mois de février.
Plus-value importante
L'affaire oppose le CDR, organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais en lieu et place de la banque, aux actionnaires minoritaires de Bernard Tapie Finance (BTF). Ceux-ci, "manoeuvrés en coulisse par Bernard Tapie", selon le quotidien Le Monde daté de jeudi, estiment avoir été illégalement privés d'une plus-value importante réalisée lors de la cession du groupe Adidas à Robert Louis-Dreyfus en 1993-1994 et en demandent réparation.
L'enjeu est de taille pour Bernard Tapie : une médiation à l'amiable lui aurait permis de quitter la situation de faillite personnelle dans laquelle il se trouve, et de bénéficier des éventuelles retombées financières résultant de l'accord. Même si, selon René Ricol, l'expert-comptable qui assiste M. Burgelin, "le rétablissement des sociétés de M. Tapie exigerait le paiement de millions d'euros d'impôts correspondants; de sorte qu'à peine renfloué, celui-ci s'avèrerait à nouveau incapable de payer le fisc".
"Plus grave qu'Executive Life" L'avocat de Bernard Tapie Me Maurice Lantourne a estimé mardi sur la radio BFM que l'affaire Adidas, qui oppose l'ex-homme d'affaires à l'Etat français, est "beaucoup plus grave qu'Executive Life". Selon l'avocat, le dossier "serait à mon avis jugé très brutalement outre-atlantique et la banque risquerait un retrait de licence si elle s'était comportée comme ça". Et de résumer : "Vous vendez votre maison : si vous donnez à votre agent immobilier un mandat de vente pour un million de francs, il vous annonce qu'il a vendue "un", et vous découvrez quelque temps plus tard qu'en réalité (...) il l'a revendue le même jour le double du prix, vous êtes spoliés. Ça s'appelle une captation de mandat". Me Lantourne a indiqué que la somme demandée par son client était de 990 millions d'euros, donc loin des quelque 100 millions d'euros de créances que le CDR, organisme public chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais, était prêt à abandonner dans le cadre de la médiation, "pour solder le passé".
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