Villepin s'explique

le 19 avril 2005 à 07h40 , mis à jour le 19 avril 2005 à 10h27

Le ministre de l'Intérieur a tenté lundi soir d'expliquer ses propos de la veille sur une inflexion gouvernementale après le référendum. Il parle d'une exigence démocratique et se défend d'en faire "une affaire d'homme". Nicolas Sarkozy estime que le ministre a perdu son "sang-froid"

dominique de villepin le 18 avril 2005 lors débat europe

Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a assuré lundi soir que ses propos de dimanche préconisant une inflexion politique après le référendum du 29 mai, ne devaient pas être interprétés comme une "affaire d'homme, mais d'exigence démocratique" face aux problèmes des Français. "Il est indispensable de ne pas mélanger les genres. Et pour ne pas mélanger les genres il faut répondre aux questions qui se posent", a déclaré M. de Villepin lors d'un débat sur l'Europe organisé par le journal Le Monde au Théâtre du Rond-Point à Paris. Pour le ministre de l'Intérieur, "la démocratie ce n'est certainement pas de faire l'impasse sur les questions (...) notamment celui du chômage, ce fléau pour notre pays". Un gouvernement doit savoir "tirer les leçons pour faire mieux demain" et "cela implique de ressentir les questions, les doutes, les angoisses pour mieux y répondre", a-t-il dit.

"Tempête dans un verre d'eau"

Dominique de Villepin avait évoqué dimanche sur Europe 1 une inflexion gouvernementale après le 29 mai, quel que soit le résultat du référendum, en précisant qu'il s'était entretenu le jour même avec le chef de l'Etat. "Il faudra mener une politique beaucoup plus volontaire, plus audacieuse, plus solidaire" pour "mieux prendre en compte les aspirations et les frustrations" des Français, avait-il dit. Selon une source proche du gouvernement, les propos de M. de Villepin ont donné lieu à "une dispute violente" avec le Premier ministre, lors d'une réunion lundi matin à Matignon. Lundi en fin de journée, l'Elysée a réagi en qualifiant ces remous de "tempête dans un verre d'eau".

"Tout cela est ni élégant ni efficace"

Parmi les réactions que suscitent les propos du ministre de l'Intérieur, celle de Nicolas Sarkozy était particulièrement attendue. Le président de l'UMP estime que son successeur au ministère de l'Intérieur a perdu son "sang-froid". "Ce qu'a dit Dominique de Villepin est particulièrement injuste envers Jean-Pierre Raffarin. Tout cela est ni élégant ni efficace" estime Nicolas Sarkozy qui porte peu de crédibilité à l'information selon laquelle Dominique de Villepin aurait agi sur ordre de l'Elysée : "Je ne pense pas que Chirac lui ait demandé cela". "Ce serait curieux (de la part du président de la République) de dire aujourd'hui le contraire de ce qu'il a dit jeudi soir", lors de son débat télévisé avec des jeunes quand il a fait la différence entre politique intérieure et campagne référendaire, a estimé Nicolas Sarkozy.

(Photo : le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, lundi soir lors d'un débat sur l'Europe- LCI)

le 19 avril 2005 à 07:40
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