Violents incidents après une manifestation pour les détenus corses

le 30 avril 2005 à 20h41 , mis à jour le 30 avril 2005 à 20h48

De graves affrontements ont opposé à Ajaccio samedi les forces de l'ordre à des jeunes gens, à l'issue d'une manifestation réclamant le rapprochement des détenus nationalistes dans des prisons de l'île. Il y a au moins un blessé.

corse manifestation ajaccio © TF1

Tout avait pourtant commencé dans le calme. De un à cinq mille manifestants, selon les sources, ont manifesté samedi à Ajaccio, en Corse, pour réclamer le rapprochement des détenus nationalistes dans des prisons de l'île. Après avoir marché pendant près d'une heure à l'appel du Comité Anti-Répression (CAR) et d'une autre association de défense des "prisonniers politiques" corses, A Riscossa Paisana, les manifestants étaient arrivés devant la préfecture et l'ordre de dispersion avait été donné. Tout le long, un très gros dispositif de CRS et de gendarmes mobiles était en place. Des policiers du continent étaient venus en renfort.

C'est alors que plusieurs dizaines de jeunes gens dont certains avaient le visage masqué, ont jeté des fumigènes et des bouteilles de verre contre des CRS casqués qui se trouvaient à l'intérieur de la cour de la préfecture. Ils ont également lancé des pierres contre des gendarmes mobiles avant d'incendier des poubelles. Sous une pluie de pierres, les forces de l'ordre ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes, puis ont commencé à charger et à poursuivre dans les rues des groupes très mobiles qui lançaient des fusées de feux d'artifice provoquant de fortes détonations. Vers 19H00, le calme a été rétabli. Les rues autour de la préfecture étaient jonchées de pierres et plusieurs voitures ont été endommagées.

"Stop à la répression"

Bilan de ces affrontements : une policière blessée. Ayant reçu des coups, elle a dû être transportée à l'hôpital avec un bras cassé et des contusions multiples. Deux autres policières ont été légèrement blessées. Les forces de l'ordre ont procédé à cinq interpellations.

Au total, une douzaine de mouvements ou associations nationalistes, dont Unione naziunale, le groupe des huit élus nationalistes à l'Assemblée de Corse, soutenaient la manifestation. Le CAR et A Riscossa Paisana estiment que tout condamné a le droit de séjourner dans des prisons à proximité de sa famille et accusent l'Etat d'être "hors-la-loi" en maintenant certains détenus dans des prisons à "800 km de leurs proches". Dans le cortège, 61 portraits de détenus nationalistes dont celui de Charles Pieri ou d'Yvan Colonna étaient portés par les manifestants, de même que des banderoles affirmant "Stop à la répression. Solution politique", "Un statut politique pour les prisonniers". "Nous n'acceptons plus que nos patriotes corses soient traités de cette manière", a déclaré Jean-Marie Poli, porte-parole du CAR, dénonçant "des sentences iniques scandaleuses contre nos frères".

(La manifestation dans les rues d'Ajaccio, samedi, TF1)

le 30 avril 2005 à 20:41
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