Appels au calme à Perpignan

Par D'après AFP, le 29 mai 2005 à 20h17 , mis à jour le 31 mai 2005 à 08h37

Après le nouveau meurtre d'un jeune d'origine maghrébine dimanche soir et les affrontements qui ont fait 8 blessés dans la nuit suivante, la tension est extrême à Perpignan. Les autorités multiplient les appels pour apaiser les esprits échauffés.

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Un nouvel "appel au calme et à la raison" a été lancé lundi soir par le procureur de la République de Perpignan, Jean-Pierre Dreno, et le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), Henri Castets, après la nuit d'émeutes et de violences qui a suivi dimanche soir l'assassinat d'un Maghrébin de 43 ans. L'assassinat de Driss Ghaib a provoqué une nuit d'émeutes. Neuf personnes ont été blessées dans la nuit, dont deux par arme à feu, mettant fin au calme précaire qui régnait une semaine après le premier meurtre d'un jeune maghrébin battu à mort par un groupe de Gitans, et obligeant à un renforcement des forces de l'ordre déployées dans la ville.

A l'annonce du meurtre, des groupes de jeunes maghrébins étaient remontés du quartier Saint Mathieu, lieu du meurtre vers le quartier Saint Jacques, en cassant les vitrines et brûlant poubelles et voitures. "Les pompiers sont intervenus 100 fois et 50 voitures ont brûlé" a précisé le préfet. 37 personnes avaient été interpellées et placées en garde à vue à l'occasion des échauffourées.

"Rien ne permet pour le moment de dire si le tireur était gitan, arabe ou européen"

Le maghrébin tué dimanche a été abattu de quatre balles par un homme -arrivé et reparti à pied- vêtu d'un tee-shirt noir et d'une casquette de même couleur, à la visière rabattue devant les yeux, selon le témoignage à la police d'un voisin. Les autres témoignages, selon lesquels la victime aurait été tuée à partir d'une voiture en marche dans laquelle avaient pris place plusieurs gitans, sont examinés par la police, mais seraient "de deuxième ou troisième main". "Rien ne permet pour le moment de dire si le tireur était gitan, arabe ou européen", ont précisé les autorités. "C'est ce meurtre qui a provoqué des phénomènes de violence urbaine (...) dont le bilan est de 8 blessés, deux par arme à feu, quatre par armes blanches et deux dont un CRS, par des tessons de bouteilles," a indiqué le préfet.

Le sénateur-maire UMP de Perpignan Jean-Paul Alduy a estimé lundi, en visitant des magasins saccagés du centre commerçant, qu'il fallait "gérer ça par le dialogue", en rappelant que, malgré les problèmes sociaux, "les gens coexistaient depuis des années sans incident majeur dans cette ville conviviale". Vision bien différente pour Malek Boutih, secrétaire national du PS chargé des questions de société, qui, mettant en cause le maire et ses "pratiques clientélistes et racistes", a appelé l'Etat à "prendre des mesures d'urgence" à Perpignan. Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap, a vu pour sa part dans ces violences la "conséquence d'une politique de ghettoïsation", et jugé "dangereux de se focaliser sur le conflit entre communautés". Enfin, le Conseil français du culte musulman a appelé les pouvoirs publics à exercer leur "mission apaisante" pour permettre le retour "à la paix et à la sécurité de tous".

Lundi en soirée, la pluie avait laissé place à une certaine fraîcheur à Perpignan où, selon le préfet des Pyrénées-Orientales, Thierry Lataste, "au total un millier" de membres de forces de l'ordre sont sur le terrain. Un dispositif qui laissait espérer une nuit moins agitée au commissaire Henri Castets qui a réaffirmé: "on va se donner les moyens pour que cela ne se reproduise pas car la ville ne peut plus supporter ça".

(Dans une rue de Perpignan après les affrontements - LCI)

Par D'après AFP le 29 mai 2005 à 20:17
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