© INTERNECinq islamistes ont été condamnés mardi à Paris à des peines allant de deux à sept ans de prison ferme dans un dossier visant une cellule islamiste implantée en France, impliquée directement dans l'assassinat du commandant afghan Ahmed Shah Massoud.
Trois d'entre eux ont été condamnés pour avoir apporté un soutien logistiques aux tueurs du chef de l'Alliance du nord. Le commandant Massoud, surnommé "Le lion du Panshir" avait été tué par deux Tunisiens, Dahmane Abd el-Sattar et Bouraoui El-Ouaer, déguisés en journalistes le 9 septembre 2001 en Afghanistan.
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Adel Tebourski, un Français d'origine tunisienne âgé de 41 ans a été condamné à six ans d'emprisonnement et cinq ans de privation des droits civiques, civils et de famille. C'est celui qui, selon le jugement, a apporté l'aide la plus directe aux assassins du chef de l'Alliance du nord. Il a notamment échangé des devises pour le compte de Dahmane, lui a acheté son billet d'avion Düsseldorf-Kaboul et lui a fait "parvenir du matériel difficile à se procurer sur place, notamment deux multimètres, susceptibles de contrôler avec précision le dispositif de mise à feu de l'engin utilisé pour assassiner Massoud".
A l'encontre de Mehrez Azouz, Franco-algérien de 37 ans considéré comme le responsable d'un réseau de recrutement de volontaires pour le djihad en France et accusé d'avoir organisé des randonnées paramilitaires, le tribunal a prononcé une condamnation à cinq ans de prison, elle aussi assortie d'une privation de droits de cinq ans. Azouz "a mis ses compétences d'organisateur au profit d'une organisation terroriste" avec notamment des randonnées permettant de créer un "climat d'émulation" entre jeunes musulmans en vue d'un départ vers l'Afghanistan.
Deux relaxes
Abderahmane Ameroud, Algérien de 27 ans, "le volontaire djihadiste de ce dossier" selon l'accusation, a quant à lui été condamné à sept ans de prison, la peine la plus lourde de toutes celles prononcées, ainsi qu'à une interdiction définitive du territoire. Qualifiant ce jugement de "supercherie judiciaire", son avocate, Me Isabelle Coutant-Peyre, a souligné avec ironie qu'au vu de la condamnation, un "Algérien musulman n'avait pas le droit de faire des randonnées en France".
Enfin, des peines de deux ans d'emprisonnement ont été prononcées contre Khellaf Hammam, Algérien de 37 ans, autre "recruteur" du réseau islamiste et contre le Français Youssef el-Aouni, 31 ans, militant ayant participé aux activités de recrutement.
Sur les sept prévenus de ce procès, deux ont obtenu une relaxe. Il s'agit d'Ibrahim Keita, Français de 38 ans, qui était suspecté d'avoir hébergé le terroriste présumé Willie Brigitte, soupçonné d'avoir préparé un attentat en Australie, et d'Azdine Sayeh, 32 ans, militant islamiste présumé.
(Le commandant Massoud/archives/DR)
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