
Jacques Chirac a appelé mardi soir à la télévision les Français à se "rassembler autour de l'intérêt national" après le rejet du traité constitutionnel européen qui a ouvert une "période de difficultés et d'incertitudes". L'emploi sera la "priorité de l'action gouvernementale" du nouveau Premier ministre Dominique de Villepin et exigera une "mobilisation nationale", a indiqué le chef de l'Etat, précisant que son modèle en la matière n'était pas anglo-saxon.
"La priorité de l'action gouvernementale, au service des Françaises et des Français, c'est, évidemment, l'emploi. Il exige une mobilisation nationale. Cette mobilisation, je suis décidé à l'inscrire résolument dans le respect de notre modèle français", a assuré M. Chirac dans une courte intervention radio-télévisée, quelques heures après la nomination de Dominique de Villepin à la tête du gouvernement, en remplacement de Jean-Pierre Raffarin.
Le président de la République a assuré que "ce modèle, ce n'est pas un modèle de type anglo-saxon, mais ce n'est pas non plus un modèle synonyme d'immobilisme. C'est un modèle fondé sur le dynamisme et l'initiative individuelle, sur la solidarité et sur le dialogue social". "Dans un esprit de rassemblement, j'ai demandé à Nicolas Sarkozy de rejoindre le Gouvernement comme ministre d'Etat, ce qu'il a accepté", a indiqué le chef de l'Etat.
Jacques Chirac a aussi tenu "à rendre chaleureusement hommage" au Premier ministre sortant Jean-Pierre Raffarin qui "a accompli pour la France une oeuvre de redressement que je veux saluer". Après la nette victoire du non au référendum sur la Constitution européenne dimanche, le président de la République s'est dit décidé à renouer, dans les prochaines semaines, "avec une grande ambition européenne". "On ne peut pas vouloir préserver notre modèle économique et social, on ne peut pas vouloir porter nos valeurs dans le monde sans tenir toute notre place dans l'Europe", a-t-il insisté. Il a conclu son allocution en appelant les Français au "rassemblement". "Rassemblés sans esprit partisan, avec le seul souci de l'intérêt général et de la justice. Rassemblés pour ne pas ajouter le risque de la division aux difficultés qu'il nous faut prendre à bras-le-corps", a-t-il dit.
Les réactions à cette allocution |
Alain Bocquet, président du groupe PCF à l'Assemblée (communiqué): "Jacques Chirac érige en actions exemplaires les réformes impopulaires des retraites et de la sécurité sociale (...) Sourd aux attentes de changements exprimées dans les urnes, le président de la République appelle à un rassemblement autour de la citadelle assiégée de l'UMP et de son homme de confiance Dominique de Villepin". Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) (communiqué) : "Les compliments adressés à Raffarin pour les coups portés à la sécurité sociale et aux retraites, le choix de de Villepin comme nouveau premier ministre, l'appel à Sarkozy pour siéger de nouveau au gouvernement, tout montre que Chirac entend continuer sur la même ligne. Quant à la 'mobilisation nationale' pour l'emploi, problème qu'il semble découvrir après huit ans de présidence, ce n'est qu'une formule de plus, aussi vide que la 'fracture sociale', dénoncée en 1995". Les Verts (communiqué) :"L'efficacité est devenue le mot-clé du vocabulaire chiraquien sans que l'on comprenne bien ce que cela signifie vraiment. A un changement de cap et de politique exprimé par le vote des Français Chirac n'offre aujourd'hui qu'un rabibochage de courte durée pour la droite avec la nomination de Dominique de Villepin comme Premier ministre et de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur". |
(Chirac, le mardi 31 mai 2005 à l'Elysée/DR)
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