© TF1Un commando de trois hommes armés et cagoulés a fait irruption mardi matin au centre hospitalier universitaire (CHRU) d'Amiens Nord où il a libéré sous la menace un détenu de 36 ans considéré comme dangereux qui y était hospitalisé. Les trois hommes armés de fusils à pompe et d'armes de poing ont pénétré peu après 8H00 dans l'hôpital et pointé leurs armes sur les deux policiers d'escorte qui surveillaient le détenu, Farid Tir, originaire de Tourcoing (Nord), sans toutefois faire de blessés ni prendre de personne en otage, ont précisé la police et la direction de l'établissement.
Deux d'entre eux, dont un frère du détenu, ont été repris peu après à Doullens, dans la Somme, à une vingtaine de km au nord d'Amiens, par une équipe de la brigade des stupéfiants, a-t-on précisé de même source. Les deux autres fuyards étaient toujours activement recherchés en fin d'après-midi mardi, selon la police.
Considéré comme dangereux
Selon la direction de l'hôpital, interrogée par l'AFP, les hommes armés se sont introduits dans le bâtiment, puis au service de chirurgie orthopédique où le détenu était hospitalisé depuis la veille, munis de sorte de "bagages à main", des étuis dans lesquels étaient probablement cachées leurs armes. Ils se sont alors emparés des armes des policiers chargés de surveiller Farid Tir, incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens et considéré comme dangereux, a précisé à l'AFP la direction régionale des services pénitentiaires.
Le commando s'est enfui avec l'homme à bord de deux véhicules différents, après avoir emprunté une sortie de secours et une sortie réservée au personnel. L'opération, bien préparée et qui dénote la bonne connaissance des lieux qu'avaient les auteurs de cette évasion, a duré moins de 10 minutes, selon le directeur général du CHRU, Philippe Domy. Les deux fuyards interpellés ont été repérés par la brigade des stupéfiants en raison de la vitesse excessive de leur véhicule, volé en Belgique.
Hospitalisé pour se faire enlever une broche
Selon une source policière et la direction de l'hôpital, le détenu évadé ne se trouvait pas dans l'une des quatre chambres sécurisées de l'hôpital au moment des faits, à la demande du corps médical. Ces chambres réservées habituellement aux détenus sont situées dans un "bloc cellulaire" muni d'une porte blindée, qui n'a pas d'accès direct au reste des bâtiments. Le CHRU d'Amiens réalise quelque 300 consultations externes de détenus chaque année, pour la plupart incarcérés à la maison d'arrêt d'Amiens. Une vingtaine d'entre eux y sont hospitalisés chaque année, selon M. Domy.
L'homme, condamné pour une dizaine de vols à main armée, auteur d'une prise d'otage et d'une tentative d'évasion à Lille en avril 2003, selon la police, était hospitalisé depuis lundi pour se faire enlever une broche à une jambe. Il allait entrer au bloc opératoire quand ses complices ont fait irruption, selon M. Domy.
Le personnel a été "choqué mais a bien réagi", a souligné la direction de l'hôpital qui a précisé que le service fonctionnait avec un "effectif normal" à cette heure matinale. Une cellule d'assistance psychologique a été mise en place.
(Le CHU d'Amiens Nord/TF1)
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