© INTERNERelancé par des déclarations jeudi au Monde du socialiste Jacques Delors -qui a ensuite rectifié le tir- , le thème du "plan B" est au coeur des joutes oratoires à l'approche du référendum à l'issue incertaine. Selon un sondage Ifop pour Wanadoo publié samedi, le non recueillerait 54% des intentions de vote (+4 points).
L'ancienne présidente du Parlement européen Simone Veil a affirmé dimanche qu'il n'y avait "pas de plan B" en cas de défaite du oui. "Il ne faut pas s'imaginer qu'on pourra renégocier immédiatement, quand il a été si difficile de se mettre d'accord", a souligné Mme Veil lors d'un pique-nique européen dans les Vosges. Une éventuelle renégociation "prendrait des années et la France serait mise en mauvaise posture", a-t-elle ajouté.
"Deux hypothèses"
Si les Français disent non au traité, "il n'y aura pas de nouveau texte" car on ne pourra pas demander aux pays qui ont ratifié le projet actuel "d'oublier leur vote", a fait valoir l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing dans un entretien à L'Express à paraître lundi.
Lui aussi partisan du oui, le président de l'UDF François Bayrou a évoqué dans le Journal du Dimanche "deux hypothèses" en cas de victoire du non. "Soit tout s'arrête et il n'y a plus de Constitution européenne puisque l'unanimité est requise. Soit on nous demandera de voter une seconde fois, dans quelques mois, mais sur le même texte, comme cela avait été fait pour l'Irlande qui avait voté non puis revoté oui au traité de Nice", a affirmé M. Bayrou.
Pour sa part, le ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy a qualifié d'"irresponsables" ceux qui font croire qu'on "pourra revoter" et qu'il "y a un plan B", dimanche sur Radio J.
Dire les choses de manière simple
Les déclarations de Jacques Delors au Monde estimant qu'"il peut y avoir" un plan B tout en soulignant "l'extrême difficulté du problème" avaient semé l'émoi en fin de semaine dans le camp du oui. "Il n'y a pas de plan B ni dans les têtes ni dans les dossiers, c'est clair", a fini par déclarer samedi M. Delors, président du comité de soutien au oui du PS. Se rendant compte de la difficulté à faire passer un message qu'il voulait "nuancé", il s'est résolu à "dire les choses de manière simple".
"Ce revirement est grotesque, a estimé samedi Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, favorable au non, en marge d'une distribution de tracts à Pontoise (Val-d'Oise). De son côté, le député européen souverainiste Paul-Marie Coûteaux a tracé samedi les grandes lignes d'un "plan B" sur l'Europe. Selon lui, les discours de plusieurs partisans du non tels Jean-Pierre Chevènement (MRC), Laurent Fabius (PS), Philippe de Villiers (MPF), Nicolas Dupont-Aignan (UMP) "se rejoignent" sur les modifications à apporter à la Constitution.
Un manifeste pour "définir les contours de ce que serait une autre Europe en cas de victoire du non" au référendum a été lancé samedi par des intellectuels et des experts partisans du non. Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, les députés UMP Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Myard, les économistes Alain Cotta et Jean-Jacques Rosa et le syndicaliste Jean-Luc Cazettes (CFE-CGC) font partie des signataires.
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