
Lundi, vers 2h15, une première grosse charge, un "mélange chloraté contenue dans une bouteille de gaz" dissimulée dans un conteneurs à poubelles contre le mur de la mairie de Furiani, a quasiment détruit un bureau au rez-de-chaussée d de ce bâtiment, selon une source policière. La structure du bâtiment a été ébranlée, a indiqué à l'AFP, un responsable de la préfecture, preuve que la charge explosive était "conséquente". L'effet de souffle a brisé les vitres d'une école maternelle mitoyenne et endommagé le toit de l'établissement scolaire.
Une heure plus tard environ, et "selon un mode opératoire et une charge similaires", d'après des sources policières, un second attentat a dévasté "une bonne partie du rez-de-chaussée" de la mairie de Biguglia, à moins de 5 km de la mairie de Furiani. Les deux attentats n'ont été ni signés, ni revendiqués pour l'heure. La mairie de Furiani a déjà été visée à plusieurs reprises par le passé, ainsi que l'entreprise personnelle du maire, le PRG François Vendasi, candidat à la sénatoriale partielle de Haute-Corse qui doit se dérouler prochainement. Le maire de Biguglia est le secrétaire départemental de l'UMP, Sauveur Gandolfi-Scheit.
Une passerelle
Ces deux attentats ont été perpétrés deux jours après que l'un des deux principaux mouvements indépendantistes clandestins corses, le FLNC dit "du 22 octobre" en eut revendiqué 17 récents et menacé, dans un communiqué, de mener "des actions spectaculaires". Ce communiqué avait été rendu public quelques heures avant que le tribunal correctionnel de Paris ne condamne à 10 ans de prison ferme le leader indépendantiste Charles Pieri, considéré par les policiers comme le dernier chef du FLNC-Union des Combattants (FLNC-UC), concurrent du "22 octobre".
Ce dernier mouvement, issu de l'ancien FLNC-Canal historique, avait décrété une trêve de ses actions armées le 14 novembre 2003 pour "accompagner" le processus de participation aux élections territoriales de la quasi-totalité des mouvements nationalistes unis. Mais cette trêve avait été rompue de fait à plusieurs reprises depuis mars 2004, le FLNC-UC revendiquant ponctuellement plusieurs attentats. Une frange radicale de ce mouvement est opposée au maintien de la trêve et, selon les policiers, une passerelle a été créée entre les deux mouvements pourtant considérés comme des "frères-ennemis" par les enquêteurs.
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